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Vidéo Pompes funèbres : le cercueil économique, "on ne le cache pas... on ne le montre pas"

Publié Mis à jour
Durée de la vidéo : 2 min.
Pièces à conviction. C'est l'une des ruses des agences de pompes funèbres : omettre de proposer le "cercueil économique"

Organiser des funérailles revient cher, surtout quand les agences de pompes funèbres omettent de signaler aux familles qu'il existe une gamme de cercueils "économique". Mais est-ce vraiment un oubli ? "Pièces à conviction" a pénétré dans un monde où mort rime avec rentabilité, et enquêté sur le business du funéraire. Extrait en caméra cachée.

Pour l'enquête de "Pièces à conviction" sur le business du funéraire, un journaliste du magazine s'est fait embaucher comme conseiller stagiaire dans une agence de pompes funèbres du groupe OGF-PFG. Pendant trois semaines, Mathieu y a secondé une conseillère funéraire. Elle lui a enseigné certains petits secrets du métier...

Ce jour-là, le "stagiaire" découvre que sur le présentoir à cercueils de l'agence, le moins cher ne figure pas. Il est visible dans un catalogue, mais fait l'objet d'un fascicule séparé. Etonné, Mathieu en fait la remarque à la conseillère funéraire. La séquence est filmée en caméra cachée.

Ce cercueil "économique" est-il délibérément caché aux familles ? "On ne le cache pas... on ne le montre pas, corrige la conseillère. Il est là, mais on ne leur explique pas, c'est tout !" Qu'est-ce que ce cercueil a de moins bien ? "Il est... pas cher ! Mais arrête, c'est comme ça !" s'exclame-t-elle, engageant son "stagiaire" à ne pas chercher à comprendre. 

Pression au chiffre d'affaires

La conseillère fait implicitement référence à la culture de l'entreprise de pompes funèbres OGF, leader sur le marché français. Pour en savoir plus, "Pièces à conviction" a interrogé un ancien cadre du groupe, qui a dirigé une vingtaine d'agences et supervisé des conseillers. Il témoigne anonymement.

"Quand on reçoit une famille, on ne leur dit pas 'voilà, le cercueil le moins cher, c'est celui-là'... non. On pose toutes les bonnes questions qu'il faut. Et en fonction des réponses, c'est là qu'on intervient en disant 'on peut mettre des options sur telle et telle chose'... Donc, dans ce groupe, on a un stress au chiffre d'affaires", explique-t-il. Avant de préciser que "s'il n'est pas capable d'atteindre les objectifs demandés, il est évident que le conseiller funéraire quittera le groupe".

Extrait de "Très chères obsèques : enquête sur le business de la mort", à voir dans "Pièces à conviction" le 22 janvier 2020.

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