Troisième conférence sociale, sous haute tension

Les deux premières éditions furent plutôt consensuelles ; la troisième conférence sociale, qui se tient lundi et mardi, s'annonce plus mouvementée. Après la fronde du patronat, ce sont les syndicats qui sont remontés. La CGT et Force ouvrière menacent même de boycotter partiellement les discussions.

(La conférence sociale se tient au Conseil économique, social et environnemental, palais d'Iéna © MaxPPP)

Au final, personne n'est content. Ni le patronat, ni les syndicats, ni même le gouvernement... La troisième conférence sociale, qui s'ouvre ce lundi pour deux jours, risque bien d'être animée. Puisqu'aucune proposition ne satisfait tout le monde... La première difficulté sera d'ailleurs de réussir à garder tout le monde autour de la table des discussions : la CGT attend des éclaircissements sur le "dialogue social", Force ouvrière pourrait n'être présent qu'aujourd'hui.

Les deux précédentes éditions de la conférence sociale avaient été plus consensuelles. La première avait accouché des négociations sur la réforme du marché du travail, qui ont abouti à l'accord sur la sécurisation de l'emploi. La deuxième a ouvert la voie à une réforme de la formation professionnelle. Le risque de cette troisième conférence, censée définir un agenda social, est bien d'éclater en vol.

Certains syndicats, CGT, FO, CFE-CGC, étaient déjà très remontés par les 40 milliards d'aides aux entreprises prévues par le pacte de responsabilité, sous forme de baisses de charges et d'impôts ; le report partiel du futur compte pénibilité les a mis un peu plus en colère.

Manuel Valls a tenté dimanche de rattraper un peu le coup : "il est temps" que le patronat "reconnaisse l'effort que la Nation consent pour le soutenir" , a déclaré le Premier ministre. Et qu'il s'engage donc "pleinement pour la création d'emplois" .

Jusqu'à 500.000 emplois créés ?

François Hollande, qui doit prononcer aujourd'hui le discours d'ouverture, pourrait délivrer le même message. Selon le ministère du Travail, "il fera le point sur le pacte de responsabilité et les accords de branche" , où doivent se négocier les contreparties au pacte en terme d'emploi.

"L'enjeu de la conférence, ce sera avant tout l'emploi" , dit-on au ministère. Où l'on espère jusqu'à 500.000 créations de postes, grâce aux allègements. Manuel Valls a promis des mesures concrètes pour mardi - l'alternance devrait être relancée, l'apprentissage pourrait être aidé.