Transport routier de marchandises : les annonces d'Elisabeth Borne sont "un coup de massue terrible sur les PME du transport routier"

Catherine Pons, déléguée générale de l’Union nationale des organisations syndicales des transporteurs routiers automobiles, réagit sur franceinfo jeudi aux annonces de la ministre de la Transition écologique sur l'augmentation des taxes sur le gasoil.

Catherine Pons, déléguée générale de l’Union nationale des organisations syndicales des transporteurs routiers automobiles.
Catherine Pons, déléguée générale de l’Union nationale des organisations syndicales des transporteurs routiers automobiles. (DOMINIQUE GUTEKUNST / MAXPPP)

Les organisations professionnelles du transport routier de marchandises sont reçues au ministère de la Transition écologique et Solidaire par Élisabeth Borne, Muriel Pénicaud et Jean-Baptiste Djebbari. Les organisations protestent contre l'augmentation de la fiscalité dans leur secteur. Les annonces d'Elisabeth Borne sont "un coup de massue terrible sur les PME du transport routier", a expliqué jeudi 19 septembre sur franceinfo Catherine Pons, déléguée générale de l’Union nationale des organisations syndicales des transporteurs routiers automobiles.

franceinfo : Qu'est-ce qui vous pose problème ?

Catherine Pons : Elisabeth Borne a fait plusieurs annonces fiscales qui vont impacter terriblement les PME du transport routier. Parmi elles, ce rabotage de l'exonération fiscale que l'on avait sur le carburant. C'est deux centimes de moins par litre. Nous connaissons les habitudes du gouvernement, cela va être un cliquet. Insensiblement, année après année, nous n'aurons plus aucune exonération sur ce carburant qui nous est aujourd'hui indispensable pour assurer le résultat de nos entreprises.

Deux centimes de plus, cela est vraiment trop contraignant pour vous ?

Ce n'est pas seulement cela. Les deux centimes vont impacter les entreprises parce que dans les conditions économiques actuelles nous n'avons pas la capacité de pouvoir répercuter cette hausse sur nos clients. Nous sommes depuis une semaine avec une possibilité d'une très forte augmentation du carburant de 5 à 6 centimes. Donc cela fait double effet. En plus de cela, la disparition d'un système de réduction de charge sociale pour les entreprises, la suppression des contrats courts, la surtaxation des entrepôts logistiques, tout cela est un coup de massue terrible sur les PME du transport routier.

Prévoyez-vous un mouvement social s'il n'y a pas d'avancées ?

Non, pas pour l'instant. Mais nous sommes dans un espace de mobilisation, d'écoute et de discussion avec les membres du gouvernement. Si dans cet espace-là on n'arrive pas à un accord, il faudra que les fédérations réfléchissent à un autre mode de revendication.