Vidéo Depuis l'accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, où en est l'état du réseau de la SNCF aujourd'hui ?

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L'oeil du 20H
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France Télévisions

Neuf ans après la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, un récent rapport du Sénat dresse un bilan accablant sur l'état du réseau qu'il juge "vétuste" et regrette un "sous-investissement chronique". Ceréseau peut-il être dangereux ? Réponse dans L'œil du 20 heures. 

C'est une ligne que les usagers redoutent, l'Intercités qui relie Paris à Clermont-Ferrand, en 3h30. Pour sa vétusté d'abord : les toilettes sont souvent hors-service et les trains vieillissants. Ensuite, pour ses trains annulés. Enfin, pour ses retards fréquents. "Les rares fois où je prends ce train, c'est annulé ou en retard", se désespère une voyageuse. "Le train s'arrête en pleine voie, pendant des heures, on ne sait pas pourquoi", ajoute une autre passagère. 

"On est délaissé et malheureux"

Des dysfonctionnements dont se fait l'écho la presse locale régulièrement. Les articles relèvent des problèmes de locomotives, de caténaires, et un "trajet cauchemardesque de 1 200 passagers avec 6 heures de retard". Nous avons compté près de 1 000 retards et 77 annulations rien que sur cette ligne, sur les deux dernières années.

Ces incidents sont-ils une fatalité ? "L'Etat a délaissé totalement nos territoires, et aujourd'hui on se retrouve avec des trains des années 70 qui sont retapés, rénovés et qui circulent sur des lignes anciennes, qui mettent beaucoup de temps pour rallier Paris et qui ne sont pas dignes du XXIe siècle", dénonce Anthony Prat, secrétaire régional adjoint CGT Cheminots. La ligne serait négligée selon lui.

"Sous-investissement chronique" 

Il y a bien un sous-investissement selon le rapport du Sénat qui déplore "la vétusté du réseau" et une "dégradation de l'état des infrastructures". Pourtant, l'Etat subventionne la SNCF pour renouveler le réseau : près de 3 milliards d'euros par an. Mais c'est insuffisant, pour les sénateurs. Eux, préconisent 3,8 milliards pour des infrastructures sécurisées.

"Le vrai problème, c'est la sécurité du réseau et on peut même s'étonner qu'il n'y ait pas eu plus d'accident quand on voit l'état de vétusté de l'état du réseau en France. Cela fait des années que je dis que c'est un miracle qu'il n'y ait eu qu'un seul Brétigny en France", s'inquiète Hervé Maurey, sénateur de l'Eure. 

Contactée, la SNCF affirme : "La ligne Paris-Clermont n'est pas davantage soumise aux retards que les autres lignes qui lui sont comparables (...) dans un environnement ouvert, beaucoup d'aléas externes (gibiers, météo, intrusions etc .) sont susceptibles de perturber la circulation des trains." Quant au ministère des Transports, il promet de changer toutes les rames de la ligne Paris - Clermont Ferrand d'ici 2026. En attendant, les usagers, gare à vous, deux trajets par jour sont déjà annulés jusqu'au 29 avril sur cette ligne.

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