Un cadre de la SNCF affirme être payé à ne rien faire depuis 12 ans

Charles Simon perçoit chaque mois 5 497 euros brut, explique "Le Point". Ce cadre raconte attendre depuis douze ans une affectation de la part de l'entreprise.

Le siège de la SNCF à Paris, en janvier 2012.
Le siège de la SNCF à Paris, en janvier 2012. (MANUEL COHEN / AFP)

Charles Simon perçoit chaque mois 5 496,69 euros brut, avec une indemnité de résidence et une prime de gestion, et cela sans rien faire. Ce cadre de la SNCF attend depuis 12 ans une affectation et n'a pas été astreint à une présence dans un bureau, raconte Le Point, jeudi 12 août.

Entré en 1991 à la SNCF, Charles Simon a été détaché en 2003 auprès de l'une de ses filiales, Geodis Solutions, où il affirme avoir découvert "une fraude de 20 millions d'euros au préjudice" de l'entreprise publique. "Ces manœuvres frauduleuses concernaient, entre autres, la dissimulation d'un rapport de la Cour des comptes relatif au chantier Eole [la ligne E du RER] ainsi que des détournements de fonds lors de la construction du TGV Nord", assure-t-il au Point.

La SNCF confirme qu'il s'agit de l'un de ses employés   

Après en avoir informé sa hiérarchie, il affirme avoir été mis à la disposition de la SNCF, sans qu'on ne lui donne de nouvelles fonctions. "L'attitude de la SNCF n'est pas défendable, estime-t-il. Soit il y a bien eu des agissements frauduleux, et il convenait de mener une enquête pour savoir où sont passés 20 millions d'euros. Soit je me trompe, et la compagnie ferroviaire avait largement le temps de prétendre depuis 2003 que tout était clean et qu'il n'y avait rien à voir. Elle ne l'a jamais fait."

L'entreprise ferroviaire a confirmé au magazine que Charles Simon est bien l'un de ses employés. "Il a déjà déposé une demande de dommages et intérêts, mais il a été débouté par le conseil des prud'hommes de Paris en 2011, répond le service de presse. Comme nous avons un lien contractuel avec lui, nous ne nous exprimons pas sur le reste." Aucune précision donc sur les raisons de la mise au placard dénoncée par le cadre.