Réforme des retraites : faut-il supprimer les régimes spéciaux ?

La réforme de la retraite aujourd'hui sur les rails est synonyme de disparition des régimes spéciaux. Ceux notamment des agents de la RATP ou des agents de la SNCF, qui leur permettent de partir à la retraite à 52 ou 57 ans.

France 2

Les régimes spéciaux sont le fruit de l'histoire française. Il n'empêche que la réforme des retraites prévoit leur disparition. Octroyé en 1945 par l'État, des entreprises de chemin de fer privées ont construit les fondations du régime spécial. Au XIXe siècle, le départ à la retraite est fixé à 50 ans pour s'assurer d'attirer les meilleurs salariés. Un siècle plus tard, le régime spécial est-il trop privilégié ? Selon un rapport de la Cour des comptes, l'âge effectif de la retraite au sein de la SNCF est de 56,9 ans et de 55,7 ans à la RATP soit sept ans de moins que dans le régime général. Pourtant, des études ont démontré que l'espérance de vie des conducteurs de train à 60 ans est similaire à celle des salariés masculins. La preuve que leur métier est moins pénible qu'autrefois, selon l'économiste François Ecalle.

Les régimes spéciaux coûtent 8 milliards d'euros à l'État

"Si vous prenez un indicateur objectif qui est la durée annuelle du temps de travail, vous observerez que la durée annuelle du temps de travail à la SNCF est inférieure à celle de la fonction publique qui est elle-même inférieure à celle du secteur privé", analyse-t-il. Dans le cas des conducteurs à la SNCF, "c'est encore plus faible". Selon les syndicats, la pénibilité a changé. Pour faire rouler des trains et des métros tous les jours, il faut des agents qui acceptent de travailler quand beaucoup de Français sont de repos. Un autre inconvénient est pointé du doigt par les syndicats : des cotisations salariales plus lourdes et même en hausse à la SNCF, car leur régime de retraite est largement déficitaire. Chaque année, les régimes spéciaux coûtent 8 milliards d'euros à l'État. Pour le ministre Jean-Paul Delevoye, il faut donc les supprimer "par un besoin d'équité". Problème, supprimer les régimes spéciaux risque de rendre moins attrayants certains métiers. 

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Un cheminot, sur le quai de la Gare du Nord, le 12 juin 2014 à Paris.
Un cheminot, sur le quai de la Gare du Nord, le 12 juin 2014 à Paris. (JOEL SAGET / AFP)