Réforme de la SNCF : sept Français sur dix favorables à la suppression du statut de cheminot

72% des Français sondés souhaitent la suppression du statut de cheminot jugé "déraisonnablement ou injustement plus avantageux et protecteur que celui de la plupart des Français en emploi" selon un sondage Odoxa-Dentsu consulting pour franceinfo et Le Figaro publié jeudi.

Des cheminots de la SNCF à Arras (Pas-de-Calais), le 1er septembre 2017.
Des cheminots de la SNCF à Arras (Pas-de-Calais), le 1er septembre 2017. (AFP)

Près des trois-quart des Français sont favorables à la suppression du statut de cheminot, selon un sondage Odoxa-Dentsu consulting pour franceinfo et Le Figaro* publié jeudi 1er mars, trois jours après l'annonce de la réforme de la SNCF par le gouvernement.  

La décision de supprimer le statut de cheminot est approuvé par 72% des sondés et emporte l'assentiment majoritaire dans toutes les catégories sociologiques et politiques. Huit cadres sur dix se disent d'accord avec la mesure. Les deux-tiers des ouvriers approuvent le choix du gouvernement. Les hommes (77%) comme les femmes (66%), les ruraux (71%) comme les urbains (72%), les salariés du privé (75%) comme ceux du public (60%) sont favorables à la fin du statut de cheminot jugé "déraisonnablement ou injustement plus avantageux et protecteur que celui de la plupart des Français en emploi", selon l'analyse de l'institut Odoxa-Dentsu consulting.

La méthode des ordonnances approuvée par 53% des Français

Le choix d'un passage de la réforme par ordonnances est partagé de manière plus mesurée par les personnes sondées. 53% approuvent la méthode. Cette courte majorité se retrouve dans les différentes catégories de la population. 51% des Français de catégories dites "populaires" y sont même opposés.

Sur l'échiquier politique, ce sont les sympathisants LREM qui soutiennent le plus le gouvernement. Huit sur dix approuvent les ordonnances (83%). Sept sympathisants de droite (hors FN) sur dix (69%) sont également en accord avec ce choix. L'appréciation est toute autre chez les sympathisants FN. 56% sont opposés aux ordonnances. Et du côté des sympathisants de gauche, sept sur dix (69%) désapprouvent la méthode.  

Mouvement social "injustifié"

Selon l'enquête, près de six Français sur dix (58%) estiment également que la mobilisation sociale envisagée par les syndicats est injustifiée. Le désaveu est largement majoritaire chez les sympathisants LREM (83%). Sept sympathisants de droite (hors FN) sur dix (73%) contestent le mouvement annoncé. Et si les Français se disant proches du FN restent totalement partagés sur la question (à 50/50), près de deux tiers des sympathisants de gauche (62%) soutiennent les journées de grève éventuelles. Les syndicats pourront aussi compter sur le soutien de six salariés du secteur public sur dix (60%) et d’une moitié des ouvriers (51%), catégories pourtant favorables à la suppression du statut de cheminot.  

Enfin, deux-tiers des personnes interrogées s'attendent à ce que les mouvements de mobilisation contre la réforme de la SNCF bloquent complètement le pays, comme en 1995 lors de la réforme des régimes spéciaux de retraite des cheminots. 

Risque d'une réforme insuffisante

L’analyse des réseaux sociaux proposée par Dentsu-Consulting, pointe enfin un écueil : le risque que cette réforme apparaisse finalement bien insuffisante par rapport aux attentes des usagers. Les internautes soutiennent la suppression du statut de cheminot et le recours aux ordonnances mais ils s’interrogent sur le contenu et le but de la réforme. Ils souhaiteraient surtout que celle-ci permette des améliorations pour les usagers de la SNCF tant en termes de prix que d’horaires et de qualité générale du service.  

*Cette enquête a été réalisée auprès d'un échantillon de 1 003 personnes représentatif de la population française, interrogées par internet les 28 février et 1er mars 2018.