La SNCF pourrait perdre jusqu'à 5 milliards d'euros en 2020, estime son PDG

Jean-Pierre Farandou a alerté sur des comptes dans le rouge mercredi, devant la commission de l'aménagement du territoire du Sénat.

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Le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, le 25 août 2020 à Orléans (Loiret). (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

"Nous allons finir l'année en perte importante." Durement frappée par la crise sanitaire, la SNCF pourrait perdre près de 5 milliards d'euros cette année, a estimé son PDG Jean-Pierre Farandou, mercredi 2 décembre. "Nous sommes en négatif cette année", a-t-il précisé devant la commission de l'aménagement du territoire du Sénat. "Je rappelle qu'au premier semestre, ce qui donne une idée au milieu de l'année, nous étions en résultat net à -2,5 milliards" d'euros (précisément -2,39 milliards, ndlr). "On ne sera pas loin de faire x2", a-t-il ajouté.

"Je n'aurais pas dit ça avant le confinement numéro 2", a ajouté le dirigeant, qui espérait "un second semestre moins mauvais" que le premier. "Je ne valide aucun chiffre à ce stade", a-t-il ensuite tenu à préciser, notant que son calcul était encore "une estimation un peu rapide". "On voit que c'est beaucoup d'argent. (...) C'est autant d'argent qu'il faudra aller chercher sur les marchés financiers", a relevé Jean-Pierre Farandou, qui dirige la SNCF depuis novembre 2019. Il doit être reconduit dans ses fonctions, conséquence de la transformation du groupe public en société anonyme au 1er janvier.

"On voit la dette de la SNCF s'envoler"

Pendant "toute l'année 2020, nous sommes allés sur les marchés financiers, lever de l'argent. Pour rembourser nos emprunts, pour payer les salaires, pour payer nos fournisseurs...", a-t-il rappelé. "On voit la dette de la SNCF s'envoler." "On va faire un bout du chemin par des cessions", a-t-il indiqué.

Jean-Pierre Farandou a confirmé que le groupe public avait mis en vente le loueur de wagons Ermewa, qu'il estime à 2,5 milliards d'euros. Le groupe réfléchit à la cession des 50% qu'il détient dans le loueur de locomotives Akiem, mais aucune décision n'a encore été prise, a-t-il ajouté. "Je me suis clairement opposé à toute idée de cession de Geodis et Keolis", les filiales de logistique et de transports publics du groupe SNCF qui "sont au cœur de la stratégie de l'entreprise", a-t-il en revanche souligné.

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