Envoyé spécial, France 2

Il se produit un accident tous les trois jours à un passage à niveau

Au rythme où vont les choses, il faudra 1000 ans pour supprimer tous les passages à niveau.

Voir la vidéo
Envoyé spécial

La vidéo tournée en 2015 à la gare de Nangis en Seine-et- Marne, nous montre l'extrême violence du choc entre un train et un poids lourd bloqué sur un passage à niveau. Le train a déraille et s'est écrase le long des quais. Par miracle il n' y a pas eu de morts mais quarante blessés dont trois grièvement touchés. Tous les trois jours un accident se produit à un passage à niveau. 36 personnes en moyenne y perdent la vie chaque année. Le bilan ne baisse pas depuis 15 ans. 

Il y a en France 15405 passages à niveau et 158 sont considérés comme particulièrement dangereux. Au rythme où vont les choses il faudrait 1000 ans pour supprimer tous les passage à niveau. 

En Bretagne, des passagers ont porté plainte contre la SNCF. Ils accusent la société nationale d’homicide involontaire. Dans le village de Saint-Médard-sur-Ile se trouve le passage à niveau le plus dangereux du pays. Quatre accidents en cinq ans.  

Les journalistes d'Envoyé spécial ont retrouvé Roselyne. Elle incarne, à elle seule, la tragédie de Saint-Médard-sur-Ille. A quatre ans d’intervalle, elle a été victime de deux accidents de train, au même endroit, à la même heure et sur le même passage à niveau. Sortie indemne du premier accident, la seconde fois Roselyne a été grièvement blessée. Victime d'un traumatisme crânien après deux mois de coma elle conserve de lourdes séquelles. Le 12 octobre 2011, un camion est entré en collision avec la rame du train dans lequel elle se trouvait.   

Avec les autres victimes, Roselyne s’est constituée partie civile. Le conducteur du camion a été condamné à 36 mois de prison avec sursis et la SNCF à 600 000 euros d’amende pour manquements graves en matière de sécurité. 

Le passage à niveau de Saint Médard-sur-Ille sera bientôt supprimé mais il existe encore de nombreux passages à niveau à risque. Le ministère des Transports et la SNCF les recensent deux fois par an. Figurer dans ce tableau permet d’être prioritaires pour être supprimés. Envoyé spécial a fait les comptes, l'Etat devrait investir entre 200 et 800 millions d'euros pour en finir avec tous ces passages à niveau dangereux.