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Syndicats : quelle ligne à suivre pour Force ouvrière après l'ère Jean-Claude Mailly ?

Réuni en congrès, le syndicat doit élire vendredi son nouveau secrétaire général Pascal Pavageau, mais aussi définir la ligne à suivre pour les trois prochaines années.

Article rédigé par Sarah Lemoine - Edité par Alexandra du Boucheron
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Un drapeau de Force ouvrière. (MAXPPP)

Une page se tourne pour Force ouvrière. Le troisième syndicat de France, réuni en congrès à Lille depuis lundi, doit élire, vendredi 27 avril, son nouveau secrétaire général. Il s’agit de Pascal Pavageau, actuel numéro 2 de l’organisation et seul candidat en lice. Il prend la suite de Jean-Claude Mailly qui a dirigé FO pendant 14 ans et qui passe la main dans un climat tendu. Les militants, qui lui reprochent une forme de passivité lors des ordonnances sur la réforme du Code du travail, réclament plus d’actions. 

Les congressistes de Force ouvrière élisent leur nouveau secrétaire général : un reportage de Sarah Lemoine

Après avoir débattu du bilan de Jean-Claude Mailly dans des termes parfois très durs, les 3 500 congressistes de Force ouvrière ont un autre sujet à trancher et pas des moindres : déterminer quelle sera la ligne suivie par le syndicat pour les trois années à venir.

Les anarcho-syndicalistes de l’organisation comme Marc Hébert ont les idées très claires : "Nous, on attend de l'action et engager un processus offensif, déclare l'ancien patron de FO dans le Finistère. C'est-à-dire ne pas se laisser faire, arrêter d'accepter des reculades - retraite, sécurité sociale, mise en cause des organisations syndicales... Je passe tout le catalogue - et revenir, s'il le faut, dans la rue. Grèves et manifestations ! Que le gouvernement se rende compte que la classe ouvrière, les salariés de France en ont marre." 

Il faut que ça pète. Ça veut dire : de l'action !

Marc Hébert, FO Finistère

à franceinfo

Si l’envie d’en découdre dans la rue est exprimée par bon nombre de congressistes, reste à savoir sous quelle forme. Pour Camille, une jeune militante de FO, les grèves "saute-mouton" ne servent à rien. "C'est ça la question, c'est quel rapport de force on arrive à créer ?, dit-elle. Je pense qu'il faut un cadre unitaire sur des revendications clairement définies, mais pas à mon avis dans le cadre de journées d'action qui se succèdent les unes aux autres. C'est ce qu'il s'est passé pendant El Khomri et on n'a pas abouti sur la loi Travail."

Front commun avec la CGT ?

Certains militants réclament aussi une journée de mobilisation interprofessionnelle, pourquoi pas avec la CGT, mais pas à n’importe quelle condition : "Il ne faut pas non plus que la CGT donne des mots d'ordre et qu'on suivre, juge Hervé Quillet, de la fédération FO de la chimie. Ce n'est pas notre style."

Maintenant, si on veut être aux côtés de la CGT et si la CGT veut être à nos côtés, il faut se mettre autour d'une table sur des revendications communes.

Hervé Quillet, FO-Chimie

à franceinfo

Partisan d’une ligne plus dure, Pascal Pavageau devra composer avec toutes les sensibilités de Force ouvrière, des plus radicales aux plus réformistes, et appliquer la nouvelle ligne du syndicat. Débattue dans la nuit, elle sera soumise au vote dans la matinée de vendredi.

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