Audit à la SNCF : "Diagnostiquer c'est bien" mais "il est temps de passer aux remèdes", selon le syndicat FIRST

Bernard Aubin, secrétaire général du syndicat First, a demandé, lundi sur franceinfo, de "ne pas multiplier indéfiniment ces diagnostics", alors que la ministre des Transports Elisabeth Borne a demandé à la SNCF de procéder à un audit technique des grandes gares françaises.

La ministre des Transports Elisabeth Borne a annoncé un audit technique des grandes gares françaises, lundi 8 janvier 2018.
La ministre des Transports Elisabeth Borne a annoncé un audit technique des grandes gares françaises, lundi 8 janvier 2018. (MATTHIEU ALEXANDRE / AFP)

Il ne faut pas "multiplier indéfiniment ces diagnostics", a lancé Bernard Aubin, lundi 8 janvier sur franceinfo. Le secrétaire général du syndicat First (Fédération indépendante du rail et des syndicats des transports) a réagi alors que la ministre des transports Elisabeth Borne a demandé à la SNCF de procéder à un audit technique des grandes gares françaises.

Répondre aux derniers ratés par un audit technique, est-ce une réponse à la hauteur ?

Bernard Aubin : On avance dans le bon sens, mais on reste un petit peu au milieu du gué. Diagnostiquer c'est bien, mais je rappelle qu'au sein de l'entreprise des diagnostics sont faits de manière régulière, quotidienne. Des rapports sont faits également par des représentants du personnel sur le fait qu'il y ait des dysfonctionnements ou des améliorations à apporter. L'état de vieillissement du réseau est connu. Les dysfonctionnements sont connus et identifiés. Il est temps de passer aux remèdes et ne pas multiplier indéfiniment ces diagnostics.

Cela ne sert donc à rien ?

Non, je ne dis pas que cela sert à rien, mais il faudrait que ces diagnostics aillent au fond des choses. Je rappelle que la gare Montparnasse a connu deux forts désagréments avec une paralysie totale des trafics qui sont dus à un problème de cahier des charges des installations. Concrètement, quand on a construit ces installations, on n'a pas pensé à créer de plan B, à créer une gestion dégradée du service. Il y a donc de véritables réflexions à mener qui n'ont pas été menées jusqu'à présent. Si c'est le sens du diagnostic, c'est bien, mais il faudra bien entendu passer à l'étape supérieure et ensuite envisager de vrais remèdes.

Regrettez-vous que le limogeage de Guillaume Pépy, président de la SNCF, ne soit pas à l'ordre du jour ?

J'ai envie de dire : "Pépy or not Pépy is not the question". Si c'est pour remplacer monsieur Pépy par un intermittent du spectacle qui n'y connaît rien à la SNCF, on n'aura pas gagné grand-chose. Monsieur Pépy, il est capable du meilleur comme du pire. Si on lui assigne des objectifs d'efficacité en termes de transport je pense qu'il saura les réaliser. Maintenant tout est dans le langage et les perspectives qu'on adopte. Si on veut une SNCF performante on lui en assigne l'objectif et on lui en donne les moyens. C'est une question avant tout de volonté politique. Je reste un peu sur ma faim, car on sait très bien que le réseau classique est usé à l'extrême. Il n'y a pas d'usagers des villes et d'usagers des champs. Les mesures concernent les grandes gares parisiennes, que fait-on des usagers qui tous les jours sont peut-être freinés ou bloqués dans les TER ? On doit aussi se poser la question des suppressions d'effectifs à la SNCF. On dit : "On doit faire mieux" et on supprime 2 000 postes par an. Il y a une contradiction manifeste.