"Je suis conscient de l'infiltration de l'ultradroite et je le condamne", déclare le "gilet jaune" Benjamin Belaïdi

Le "gilet jaune" affirme "nettoyer les rangs" quand il remarque des infiltrés mais ne comprend pas "pourquoi les forces de l'ordre attendent systématiquement la fin de la manifestation pour aller cueillir ces personnes ultra-violentes".

Des membres de l\'ultra droite ont infiltré les cortèges des \"gilets jaunes\" (photo d\'illustration, 5 février 2019).
Des membres de l'ultra droite ont infiltré les cortèges des "gilets jaunes" (photo d'illustration, 5 février 2019). (GERARD JULIEN / AFP)

"Je suis conscient que les 'gilets jaunes' sont infiltrés par l'ultradroite. Je le dénonce et le condamne, je participe aussi à nettoyer les rangs", a déclaré Benjamin Belaïdi, militant associatif et "gilet jaune" sur franceinfo vendredi 8 février, alors qu'une enquête de franceinfo publiée le même jour révèle que ce mouvement est convoité, infiltré même, par l’ultra-droite française.

"Il ne faut pas penser que les 'gilets jaunes' sont apolitiques", a ajouté Benjamin Belaïdi. "Nous sommes apartisans et j’insiste là-dessus. Ce que l'on fait, c'est de la politique. On a des revendications qui sont posées".

franceinfo : En tant que "gilet jaune", êtes-vous conscient de cette infiltration ?

Benjamin Belaïdi : Oui, complètement. Pour l'avoir vécu, je suis conscient que les 'gilets jaunes' sont infiltrés par l'ultradroite. Je le dénonce et le condamne. je participe aussi à nettoyer les rangs. Lors de l'acte IX, le 12 janvier, en fin de manifestation, sur la place de l'Étoile, une personne scandait des propos anti-juifs. Il se trouvait à une dizaine de mètres de moi. J'ai décidé d'aller voir cette personne pour lui dire qu'il ne pouvait pas tenir ce genre de propos. Je l'ai invité à quitter la manifestation. Il a refusé. Un de ses collègues s'est approché, et a acquiescé à l'ensemble de ses propos. Le ton est monté, d'autres gilets sont venus et je me suis permis de leur expliquer la situation en vue d'une condamnation unanime. Chose qui a été faite. Ces militants ont donc été expulsés de la manifestation par des "gilets jaunes". C'est ce que j'entends par nettoyer les rangs.

Êtes-vous témoin d'affrontements entre ultra droite et ultra gauche ?

Bien sûr. On parle de lien idéologique mais on se rend compte sur le terrain qu'on en est à l'affrontement. On n'est pas autour d'une table avec ultra droite, ultra gauche et 'gilets jaunes' à discuter sur des revendications et comment on pourrait converger. De plus, il ne faut pas penser que les "gilets jaunes" sont apolitiques. Nous sommes apartisans et j’insiste là-dessus. Ce que l'on fait, c'est de la politique. On a des revendications qui sont posées.

Pensez-vous pouvoir maîtriser ces tentatives d'infiltration ?

Ce n'est pas notre rôle. Ce que l'on ne comprend pas, c'est pourquoi les forces de l'ordre attendent systématiquement la fin de la manifestation pour aller cueillir ces personnes ultra-violentes. Elles sont dans le cortège, identifiables. D'autant plus qu'elles communiquent sur leurs réseaux respectifs. On pourrait agir plus efficacement contre eux.