"Gilets jaunes" : les Français laissent exploser leur colère

Les "gilets jaunes" se sont rassemblés dans toute la France samedi 17 novembre pour protester contre la hausse du prix du carburant et la politique du gouvernement. On ignorait quelle serait l'ampleur de ce mouvement inédit. Résumé de la journée.

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Ils avaient dit vouloir à tout prix atteindre l'Élysée (Paris) ; ils ont essayé toute l'après-midi, samedi 17 novembre. Les forces de l'ordre les bloquent. À plusieurs reprises, la situation dégénère. Certains "gilets jaunes" parviennent à s'approcher à moins de 200 m du palais de l'Élysée pour faire entendre au président une Marseillaise et un slogan : "Macron démission". Du périphérique parisien au sud de la France, depuis l'aube, à travers tout le pays, plus de 2 300 rassemblements et rarement plus de 500 personnes au même endroit. Opération péage gratuit à Buchelay, dans les Yvelines, et blocage partiel d'autoroute. Palettes brûlées, grand feu sur un rond-point : la colère s'embrase au Mans (Sarthe). Impossible aux véhicules d'accéder au centre commercial. Une exaspération qui s'étend à tout le territoire, jusqu'à l'outremer. À La Réunion, ils sont des dizaines à bloquer l'accès à l'aéroport.

De nombreux blessés

Des mouvements inédits sur la forme, spontanés, éparpillés, et qui au fur et à mesure de la journée deviennent difficiles à contrôler pour les forces de l'ordre, comme à Nancy (Meurthe-et-Moselle), où le rassemblement finit sous un épais nuage de gaz lacrymogène. À Troyes (Aube), les manifestants tentent de pénétrer dans la préfecture. Les policiers essaient de parlementer, de les contenir, en vain. Ils devront finalement les évacuer de force. Des face-à-face houleux qui font parfois des blessés. À Quimper (Finistère), la voiture d'un "gilet jaune" a heurté et blessé deux policiers. Le conducteur a été interpellé. Au soir du samedi 17 novembre, des rassemblements et blocages sont toujours en cours dans différentes villes de France.

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Un gendarme vérifie les identités de \"gilets jaunes\" à Pont-de-Beauvoisin, en Savoie, où une automobiliste a mortellement fauché une manifestante samedi 17 novembre.
Un gendarme vérifie les identités de "gilets jaunes" à Pont-de-Beauvoisin, en Savoie, où une automobiliste a mortellement fauché une manifestante samedi 17 novembre. (ROMAIN LAFABREGUE / AFP)