Carburants : la baisse du baril de Brent "devrait se traduire à la pompe par quelques centimes de moins"

Alors que le cours de Brent est à la baisse, les ministres de l'Économie et de la Transition écologique veulent convaincre les distributeurs de carburants de baisser les prix à la pompe.

Pistolets de pompes à essence dans une station service.
Pistolets de pompes à essence dans une station service. (STEPHANIE BERLU / RADIO FRANCE)

Le gouvernement veut que les distributeurs répercutent la baisse des cours du pétrole sur les prix à la pompe des carburants. Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, le ministre de la Transition Écologique, François de Rugy, et des représentants de l'industrie pétrolière se sont réunis dans ce but, ce jeudi 8 novembre à Bercy. 

Sur franceinfo, l'économiste et historien Philippe Chalmin a indiqué jeudi sur franceinfo qu'il devrait y avoir une baisse des prix à la pompe de "quelques centimes (...) dans les jours qui viennent" car le prix du baril de Brent est en baisse.

Par ailleurs, Donald Trump a annoncé ce week-end des dérogations pour tous les pays qui importent du pétrole iranien, ce qui "a totalement modifié les perspectives du marché du pétrole". Pour Philippe Chalmin, "on peut tout à fait imaginer un reflux assez net des prix du pétrole", et donc des carburants.

franceinfo : Est-ce que les distributeurs jouent le jeu quand le pétrole est à la baisse ?

Philippe Chalmin : Incontestablement. Quand nous achetons notre essence à la pompe, il y a une corrélation avec les prix du pétrole. A ceci près que dans un litre d'essence ou de diesel, il y a quand même entre 55 et 60 % de taxes. Début octobre, on avait atteint un pic du marché du pétrole. Le baril de Brent avait par exemple atteint les 86 dollars. Aujourd'hui, il est redescendu à 72 dollars. En moyenne, il y a quand même une baisse d'une bonne dizaine de dollars. Cela devrait donc se traduire à la pompe dans les jours qui viennent par quelques centimes de moins.

Les distributeurs ont-ils une marge de manoeuvre ?

Non, parce qu'ils subissent deux chocs externes : d'abord avec le prix du baril en dollars, mais aussi avec la relation entre le dollar et l'euro. Le prix du pétrole d'aujourd'hui, s'il est élevé, reste tout de même assez loin des niveaux atteints entre 2012 et 2014. Le baril de brut dépassait alors les 100 dollars, mais à l'époque le rapport euro-dollar nous était beaucoup plus favorable. Nous avions un euro fort. Aujourd'hui, c'est le dollar qui est fort. Et donc nous sommes un peu condamnés à la double peine avec un prix des carburants historiquement élevé.

Quelles sont les perspectives d'évolution des prix sur le marché du pétrole ?

La bonne nouvelle, c'est que Donald Trump a fait un cadeau à Emmanuel Macron ce week-end. Il a annoncé des dérogations pour tous les pays qui importaient du pétrole iranien et qui, jusqu'ici, étaient touchés par l'embargo. Ceci a totalement modifié les perspectives du marché du pétrole. On peut tout à fait imaginer un reflux assez net des prix du pétrole qui pourrait se traduire par une baisse des prix du carburant. Sachant tout de même qu'il faudra tenir compte d'une nouvelle hausse de la fiscalité carbone, en janvier prochain.