"Assez flou", "discours ambitieux"... Les réactions des associations aux annonces faites par Emmanuel Macron sur la transition écologique

Après le discours d'Emmanuel Macron sur la programmation pluriannuelle de l'énergie, plusieurs associations et organismes ont réagi.

Emmanuel Macron lors de la présentation du plan de programmation pluriannuelle de l\'énergie.
Emmanuel Macron lors de la présentation du plan de programmation pluriannuelle de l'énergie. (IAN LANGSDON / POOL)
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Emmanuel Macron a présenté, mardi 27 novembre, lors d'un discours à l'Elysée, la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Une feuille de route pour les dix prochaines années. Le chef de l'Etat a assuré qu'il entendait ces "protestations d'alarme sociale""Mais il y a aussi une alarme environnementale", a-t-il défendu. "On ne peut pas être lundi pour l'environnement et mardi contre la hausse du prix du carburant", a-t-il lancé. Ces annonces ont suscité de très nombreuses réactions des associations. franceinfo résume les plus marquantes.

"Encore assez flou" pour le Secours catholique

Emmanuel Macron a notamment annoncé que la fiscalité des carburants sera adaptée aux fluctuations des prix. Pour Jean Merckaert, directeur du plaidoyer France au Secours catholique - Caritas France, "cette histoire de taxe flottante pour ne pas répercuter sur les ménages la hausse des prix mondiaux du carburant, c'est plutôt intelligent. Mais, il n'a pas donné de réponse très concrète" pour soulager le portefeuille des ménages "les plus modestes."

Le Secours catholique a constaté, au fur et à mesure des années, que les "demandes de rallonge sur le poste énergie étaient croissantes. Les familles sont obligées de choisir entre les postes variables, c'est-à-dire l'énergie ou l'alimentation. Pour que la transition écologique soit une bonne nouvelle, il faut cibler les mécanismes de rénovation thermique du bâtiment sur les ménages les plus précaires. Or, aujourd'hui, on a des dispositifs extrêmement complexes. Cela exige une simplification".

"Un discours ambitieux" salue le SER

Le président a réaffirmé l'engagement de l'Etat de réduire à 50% la part du nucléaire dans l'électricité d'ici à 2035. Les annonces faites par le gouvernement "sont jouables", a réagi sur franceinfo Alexandre Roesch, délégué général du Syndicat des énergies renouvelables (SER). Il ajoute : "ce qui est intéressant, c'est qu'aujourd'hui, on a une feuille de route avec des volumes sur la table. Il faudra qu'ils soient respectés, mais ils sont ambitieux."

La France est très en retard par rapport à d'autres pays européens en matière transition énergétique. "Un sujet important pour rattraper notre retard, c'est de nous attaquer à la chaleur. C'est 50% de la consommation d'énergie en France. C'est autant que les transports et l'électricité réunis", a expliqué Alexandre Roesch.

"Il faut changer le fond" répond Greenpeace

L’ONG dénonce pour sa part des investissements pas à la hauteur de l’urgence climatique. "La France persiste à présenter l'énergie nucléaire comme une alternative aux énergies fossiles alors qu'elle n'est ni propre, ni peu coûteuse et ne garantit en aucun cas notre indépendance énergétique", écrit Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

"On attendait des mesures structurantes et historiques pour lutter contre le changement climatique, la réponse n'est pas à la hauteur de l'urgence. Les scientifiques sont de plus en plus alarmistes et soulignent qu'il ne reste qu'une dizaine d'année pour agir, mais la réponse politique ne suit pas", dénonce l’organisation dans un communiqué

"On en reste à un volume d'aides publiques qui est le même que ces dernières années" déplore l'ONG Cler

Le gouvernement veut aussi favoriser la rénovation énergétiques des bâtiments. "C'est une des clés du succès de la transition écologique et solidaire", explique sur franceinfo Danyel Dubreuil, coordinateur de l'initiative "Rénovons !" de l'ONG Cler - Réseau pour la transition énergétique.

Mais il relativise : "On a sur la table un plan de rénovation énergétique des bâtiments qui ne permet pas d'envisager un investissement à l'échelle des besoins qui ont été identifiés, y compris par les services de l'Etat. On en reste à un volume d'aides publiques qui est le même que ces dernières années, donc il y a une contradiction à dépasser entre le vouloir faire plus, plus vite et mieux et en même temps être difficilement capable de mettre sur la table des volumes d'argent public."