Loi Travail : six raffineries sur huit en grève selon la CGT, plus de 10% des stations en rupture de carburant

Six raffineries sur les huit installées en France sont soit à l'arrêt, soit en phase d'arrêt selon Emmanuel Lépine, responsable de la branche pétrole à la CGT. Et il appelle les raffineries à stopper leur production. Plus de 10 % des stations service sont en rupture totale ou partielle d’approvisionnement en carburants.

(Dans cette station service d'Harfleur, près du Havre, la file d'attente dépasse plusieurs centaines de mètres © RF/ Eric Damaggio)

Le terminal pétrolier du Havre a voté à 95% la grève ce lundi soir. Ce port assure 40% des importations françaises en matière de pétrole, c'est aussi lui qui assure le ravitaillement de l'aéroport Charles de Gaulle à Roissy.

La CGT du pétrole appelle "à ce que les raffineries arrêtent leurs installations de produits pétroliers ", lance sur France Info Emmanuel Lépine, responsable de la branche pétrole au syndicat : "En quelque sorte, on coupe la source ."  Les blocages, totaux ou partiels, de dépôts ou de raffineries ont provoqué des situations de pénurie, surtout dans le sud-ouest de la France.

Toutefois, "le but n'est pas de créer la pénurie, le but, c'est d'obtenir le retrait de la loi Travail. " Les raffineries concernées pour l'instant sont les "cinq raffineries Total ( Gonfreville-l'Orcher, Donges, Grandpuits, Feyzin et Provence-la-Mède) ainsi que la raffinerie Petroineos de Lavéra à Martigues ", des raffineries qui sont soit "à l'arrêt, soit en phase d'arrêt " a détaillé Emmanuel Lépine. "C'est comme un équipage de bateau, quand sur 10 équipiers, vous en avez 5 qui refusent de travailler, le bateau ne peut pas avancer et s'arrête. Une raffinerie c'est la même chose". 

(© Visactu)

"Le blocage c'est la conséquence de l'entêtement du gouvernement"

" Nous ne demandons pas quelque chose pour la profession pétrole pour l'instant. Ce que nous demandons, c'est que les salariés de l'ensemble des secteurs économiques puissent venir nous rejoindre dans la grève parce que ce ne sont pas les raffineurs seuls qui vont obtenir le retrait de la loi Travail. Il faut que les grèves s'étendent " a ajouté le responsable syndical.

A plusieurs reprises, Emmanuel Lépine a précisé que les blocages ne sont pas l'objectif :"Le blocage c'est la conséquence de l'entêtement du gouvernement à ne pas répondre à ce que demandent les gens. On est face à un gouvernement particulièrement "radicalisé". Le gouvernement n'a pas entendu les partenaires sociaux en mars, il a refusé d'entendre les députés en utilisant le 49.3, il a refusé d'entendre les manifestants et aujourd'hui il refuse d'entendre les grévistes". 

Depuis cette nuit, le port et le dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer sont bloqués à leur tour par des manifestants. Dimanche sur France Info, Catherine Perret, secrétaire confédérale de la CGT en charge du dossier sur la loi Travail, avait annoncé que ce syndicat voulait "élargir et durcir" le mouvement.

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