Journée sans voiture : Fabrice Eboué ironise, Anne Hidalgo démarre au quart de tour

L'humoriste et la maire de Paris ont rivalisé d'ironie, sur Facebook, autour de la journée sans voiture.

L\'humoriste Fabrice Eboué, au festival du film américain de Deauville, le 4 septembre 2015.
L'humoriste Fabrice Eboué, au festival du film américain de Deauville, le 4 septembre 2015. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

L'humour peut être une arme politique. Le comédien Fabrice Eboué et la maire de Paris, Anne Hidalgo, ont choisi ce terrain pour se défier, autour de leur désaccord sur la journée sans voiture du dimanche 25 septembre à Paris. L'humoriste, qui s'est plaint de cette opération dans une vidéo publiée sur Facebook, ne s'attendait probablement pas à essuyer une réponse aussi sarcastique de la maire de Paris. Mais il ne s'est pas laissé faire. 

1Fabrice Eboué dit "un gros merci" à Anne Hidalgo

"J’ai été chercher mon fils en banlieue chez ma mère. J’habite dans le 10e arrondissement et là, je peux plus rentrer chez moi parce que c’est Paris sans voiture." Dimanche après-midi, l'humoriste Fabrice Eboué découvre la journée sans voiture. Une "belle initiative", déclare-t-il ironiquement, dans une vidéo publiée sur sa page Facebook et vue plus d'un million de fois depuis.

"Je paie un loyer, j’ai acheté une voiture, je pensais que c’était pour avoir une certaine liberté de mouvement. Mais non, on n’a plus le droit de rien faire en voiture", poursuit le comédien, qui déplore au passage la fermeture des commerces le dimanche. "Bientôt t'auras plus le droit de parler. Tu seras dans la rue comme ça et puis un policier te dira : 'Non m'sieur, c'est dimanche, on parle pas'", se moque-t-il encore. Après avoir adressé "un gros merci à Mme Hidalgo", Fabrice Eboué suggère d'instaurer "une journée sans politicien, peut-être 365 jours dans l'année même".

2Anne Hidalgo invite l'humoriste à "découvrir" le site de la RATP

La vidéo de Fabrice Eboué a été généreusement commentée, tant par des fans qui partageaient son avis que par d'autres qui se moquaient de lui. Anne Hidalgo a saisi l'occasion pour faire, à son tour, une note d'humour, en répondant aux piques de l'humoriste à son encontre. "Comme de nombreux internautes, j’ai été particulièrement touchée par votre vidéo, publiée hier matin sur les réseaux sociaux", démarre-t-elle, déjà ironique.

"Votre mine désemparée, votre gorge nouée par l’émotion, vos yeux embués de larmes à l’idée terrible de devoir renoncer à votre voiture, m’ont fait prendre conscience de la gravité de la situation", poursuit l'édile, qui s'aventure sur le terrain de l'humoriste, en tournant en dérision son message. "Quelle épreuve terrible, pour ne pas dire insurmontable, d’être contraint un jour par an, à l’occasion de la journée sans voiture, de renoncer à son véhicule individuel !" reconnaît-elle faussement. 

La maire achève son message en assurant qu'elle a "mobilisé tous nos experts, scientifiques et innovateurs, afin de concevoir une solution qui vous permette, lors de la prochaine journée sans voiture, d’effectuer sereinement votre trajet Paris-banlieue". Le coup de grâce arrive lorsqu'elle suggère à Fabrice Eboué de découvrir la solution "expérimentée aujourd’hui même par plusieurs millions d’audacieux Parisiens et Franciliens" en postant un lien vers le site internet de la RATP. 

Fabrice Eboué défie la maire "de prendre le RER D après 22 heures"

"Ça y est, Anne, c'est fait." L'humoriste s'est amusé du défi lancé par la maire de Paris, en se filmant dans le métro, en mimant un air méfiant. "Je viens tout juste de prendre le métro comme tu me l'avais demandé, donc j'ai relevé mon défi, à toi de relever le tien : je te demande de prendre le RER D, après 22 heures, entre Saint-Denis et Sarcelles, j'attends ta vidéo. Peace", lance-t-il à Anne Hidalgo.

Dans le petit texte qui accompagne cette nouvelle vidéo, il en profite pour faire passer une autre réclamation et tacler le projet de zone naturiste de la ville de Paris : "Maintenant que nous sommes réconciliés, serait-il possible de trouver une place en crèche pour mon fils, nous galérons depuis deux ans ? Je sais que vous êtes très occupée avec votre nouveau projet de parcs nudistes à Paris, mais comprenez ô combien je préférerais que mon enfant croise une puéricultrice avant un pénis."