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Journée "sans voiture" à Marseille : "Vers une réduction de la place de l'automobile au cœur des villes"

Frédéric Cuillerier, de l'Association des maires de France, rappelle que les politiques de réductions de la place de la voiture en ville doivent s'accompagner du renforcement de l'offre d'alternatives, comme les transports en commun ou le vélo.

Article rédigé par franceinfo
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Le Vieux Port à Marseille (illustration). (BORIS HORVAT / AFP)

"Ce qu'il faut, c'est que l'automobile évolue", affirme dimanche 23 mai sur franceinfo Frédéric Cuillerier, co-président de la commission transports, mobilité et voirie de l'Association des maires de France (AMF) et maire de Saint-Ay, près d’Orléans, alors qu'a lieu dimanche à Marseille la première journée "sans voiture" de la ville.

franceinfo : Ce qui se passe à Marseille doit-il être généralisé partout en France ?

Frédéric Cuillerier : Ce qui doit être fait dans nos villes obéit avant tout à un principe fondamental auquel l'AMF est très attachée, c'est le principe de la libre administration des collectivités locales. C'est à dire que nous sommes attachés au principe que chaque ville est libre d'organiser ses mobilités. Mais il est vrai que la tendance aujourd'hui d'un certain nombre de grandes villes, et de villes moins importantes en termes de population, est d'aller vers une réduction de la place de l'automobile au cœur des villes.

Les automobilistes et les professionnels comme les taxis font-ils les frais de cette stratégie environnementale ?

Non, il ne faut pas opposer l'automobile et les piétons. Ce qu'il faut, et c'est ce que nous préconisons, nous, à l'Association des maires de France, c'est que l'automobile évolue. Qu'elle évolue vers une automobile propre, silencieuse, non polluante, et qu'elle prenne une place plus réduite. Mais cela suppose que chaque collectivité qui met en place ce type de réduction de la place de l'automobile applique un principe également fondamental : celui de prévoir d'autres mobilités actives, et les prévoir préalablement et parallèlement.

On entend dire qu'en réalité, les mesures qui consistent à fermer les grands axes de circulation déplacent cette circulation, que ça fait des embouteillages ailleurs qui eux-mêmes créent de la pollution. Est ce qu'on est sûr de l'effet positif de ces piétonnisations ?

Nous sommes sûrs des effets positifs de ces piétonnisations, encore une fois si des mobilités actives ont été mises en place, s'il y a une part belle aux vélos désormais, s'il y a des parkings en périphérie des villes sécurisés et de dissuasion, si les transports collectifs ont été mis en place préalablement et sont performants et non-polluants. Les maires travaillent beaucoup aujourd'hui à une ville apaisée, une ville plus silencieuse, une ville dans laquelle les moyens de transports ont réduit considérablement leur pollution. Il faut aussi envisager l'évolution de l'automobile, dans son mode d'utilisation, mais aussi dans des modalités non polluantes, électriques. Parce que derrière, nous avons aussi des problèmes de santé. Il faut savoir qu'il y a 45 000 morts accélérées par an du fait de la pollution atmosphérique en France. C'est donc un sujet très sensible auquel les maires travaillent beaucoup, quelle que soit la sensibilité politique.

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