Il filme le métro qui roule portes ouvertes : "J'ai voulu insister sur la vétusté"

Charles Legrand, concepteur et développeur web, a immortalisé le moment avec son smartphone. La RATP a lancé une enquête pour comprendre comment l'incident a pu se produire.

La vidéo montrant un métro de la RATP, roulant les portes ouvertes, mise en ligne le 31 mars 2015.
La vidéo montrant un métro de la RATP, roulant les portes ouvertes, mise en ligne le 31 mars 2015. (LE TRAINEAU / YOUTUBE)

"J'ai filmé parce que j'étais étonné." Dans la matinée du 31 mars, Charles Legrand, concepteur et développeur web, se rend de Paris à Boulogne (Hauts-de-Seine) pour un rendez-vous professionnel. Pour y parvenir, il emprunte la ligne 10 du métro parisien, entre Sèvres-Babylone et Boulogne-Jean-Jaurès.

A la station Ségur, la sirène retentit. Mais les portes ne se referment pas comme prévu. "Certaines se sont refermées un peu, certaines à moitié et d'autres, pas du tout", raconte Charles Legrand à francetv info. Il sort son smartphone, un Sony Xperia Z3 compact, pour filmer, pendant 1 minute 13, les portes ouvertes de la rame de métro. L'appareil possède une bonne définition (UHD / 4K) et stabilise l'image.

A la station suivante, La Motte-Picquet-Grenelle, les portes se rouvrent, puis se referment normalement, sans aucun problème cette fois.

Une vidéo authentique

Après la diffusion de la vidéo sur internet, la direction de la RATP a annoncé, mardi 14 avril, l'ouverture d'une "enquête interne". Alors que la question d'un trucage vidéo se pose, la régie de transports a confirmé vendredi 17 avril à francetv info son authenticité, et le numéro de la ligne concernée, la ligne 10.

Cette ligne dispose du matériel roulant le plus ancien du métro parisien et notamment les rames MF67, qui n'empêchent pas, par exemple, le démarrage du métro quand les portes restent ouvertes. "Les investigations sont encore en cours. Les analyses des bandes ne sont pas terminées", tient à préciser la RATP à propos de l'enquête.

"Je n'imaginais pas un tel buzz"

De son côté, Charles Legrand n'a pas été en contact avec la RATP. "Je n'ai prévenu personne. Je n'y ai pas réfléchi. J'ai posté la vidéo sur YouTube en me disant que quelqu'un allait la voir et savoir quoi faire. J'ai voulu témoigner pour parler de l'incident et insister sur la vétusté du métro", commente-t-il. Il ne sait pas si les autres wagons étaient concernés par ce problème.

Charles Legrand n'a pas partagé son étonnement avec les autres voyageurs. "La passivité des gens m'a surpris. Dans la vidéo, on voit un homme qui lève les yeux : il est resté stoïque. Une seule femme, prise de panique, s'est mise du côté opposé à la porte", souligne-t-il. "Je n'imaginais pas un tel buzz."