Hausse du pass Navigo : "L'État a refusé que les entreprises voient leur contribution augmenter", déplore un conseiller régional Horizons

Le ministre des Transport Clément Beaune, a annoncé mardi une "aide exceptionnelle" de 200 millions d'euros "pour éviter que le pass Navigo explose". A compter du 1er janvier 2023, le forfait mensuel du pass Navigo passera de 75,20 à 84,10 euros. 

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"L'État a refusé que les entreprises, qui financent aujourd'hui 50 % des transports en commun, voient leur contribution légèrement augmenter", déclare mardi 6 décembre, sur franceinfo, le délégué spécial aux mobilités durables de la région Île-de-France Grégoire de Lasteyrie, pour expliquer la hausse du pass Navigo qui va passer de 75,20 à 84,10 euros au 1er janvier 2023. Le conseiller régional et maire Horizons de Palaiseau (Essonne) précise que "Île-de-France Mobilités va connaître une hausse de ses coûts de fonctionnement de 950 millions d'euros" en 2023. Il assure en revanche, que le budget d'investissement sera "préservé" pour que "les transports en commun ne se dégradent pas dans les années à venir".

franceinfo : Qu'est-ce qui justifie cette augmentation ? L'État n'est pas suffisament au rendez-vous ?

Grégoire de LasteyrieL'année prochaine, Île-de-France Mobilités va connaître une hausse de ses coûts de fonctionnement de 950 millions d'euros, principalement liée à l'inflation et à la hausse exceptionnelle du coût de l'énergie. Nous avons cherché toutes les solutions pour éviter le pass Navigo à 100 euros. La Région, la ville de Paris, les départements, la SNCF et la RATP vont faire des efforts et, avec la subvention qu'annonce l'Etat, on va réussir à contenir la hausse du pass Navigo, non pas à 100 ni à 90 euros ou non, mais à 84,10 euros. C'est une subvention bienvenue mais on ne règle que partiellement et ponctuellement le problème. L'Etat a refusé que les entreprises, qui financent aujourd'hui 50 % des transports en commun, voient leur contribution légèrement augmenter. On a besoin de recettes pérennes pour assurer les transports en commun, surtout à un moment où l'urgence écologique est centrale dans toutes les politiques publiques et notamment dans les discours de nombreuses personnes. 

Comment expliquer aux usagers cette augmentation sans meilleure qualité de service ? 

En parallèle de la hausse des coûts de fonctionne d'Île-de-France Mobilités, on préserve le budget d'investissement pour continuer à renouveler le matériel roulant et à étendre des lignes de métro, de RER ou de bus. C'était vraiment une de nos priorités de nous assurer que les transports en commun ne se dégradent pas dans les années à venir. Cela demande de nombreux investissements et, force est de constater qu'il n'y en a pas eu pendant très longtemps. Par exemple, le RER B qui traverse ma commune de Palaiseau est un matériel qui a été mis en circulation au début des années 80. Il est urgent de le changer. On a passé commande. Ce ne sont pas des investissements qu'on peut arrêter, d'où cet effort que l'on voulait répartir sur tout le monde et notamment sur les entreprises. C'est vraiment dommage qu'on n'ait pas pu le faire pour 2023. 

Trouvez-vous le service rendu aux usagers satisfaisant ? 

On a écrit à la RATP pour leur dire qu'on n'était pas satisfaits du service rendu, notamment sur les bus à Paris, où 25 % de l'offre n'est pas assurée, ou chez moi à Paris-Saclay, où 10 % de l'offre n'est pas assurée. Sur le métro, on demande de revenir à 100 % de l'offre qu'on avait avant le Covid. Les opérateurs se sont engagés à le faire. S'ils ne le font pas, ils auront des pénalités financières. Mais ce qui m'intéresse, ce n'est pas les pénalités financières, c'est que les Franciliens puissent avoir leur bus, leur RER, leur tram, leur train quand ils ont besoin de le prendre pour aller travailler, pour aller étudier ou pour aller rendre visite à des amis ou à leur famille. 

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