Air France-KLM : trois questions sur le bonus de 2 millions d'euros de Ben Smith qui ne passe toujours pas

L'assemblée générale d'Air France-KLM, mercredi à Roissy, sera le théâtre d'un nouveau bras de fer entre l'État néerlandais et la direction du groupe franco-hollandais. C'est une fois de plus la rémunération du patron, Ben Smith, qui pose problème.

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Edité par Pauline Pennanec'h - Grégoire Lecalot
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Benjamin Smith, directeur général d'Air France-KLM, se tient à l'aéroport de Roissy, le 18 mai 2021. (ERIC PIERMONT / AFP)

La rémunération des patrons à nouveau remise en question. L'assemblée générale d'Air France-KLM aura lieu mercredi 26 mai à Roissy. Elle sera notamment consacrée à la polémique autour de la prime de deux millions d’euros de bonus pour le patron de la compagnie aérienne Ben Smith. Un bonus très mal vu par les Pays-Bas en raison des pertes de la compagnie aérienne et des aides publiques pour la sauver. On vous explique la polémique.

Que reprochent les députés néerlandais au patron d'Air France-KLM ?

Les députés néerlandais ont été les premiers à sonner la charge, dénonçant un bonus scandaleux. Une partie de la rémunération de Ben Smith a été montrée du doigt. Cela a a donné quelques grands moments d'éloquence parlementaire à La Haye (Pays-Bas), quand le député Mahir Alkaya a dénoncé à la tribune "un doigt d'honneur à la société néerlandaise." Son parti a fait voter une motion demandant à son gouvernement de s'opposer à la rémunération de Ben Smith lors de l'assemblée générale d'Air France-KLM, sous peine de suspendre toutes les futures aides publiques au groupe. Air France brûle encore à pertes 10 millions d'euros par jour.

Le bonus de Ben Smith dénoncé par les députés néerlandais, en réalité, n'en est pas un : il s'agit d'une part variable de sa rémunération, qui figure dans son contrat de travail, qu'on appelle long terme. C'est une somme qui lui sera versée plus tard, pas avant 2023 et sous conditions. Premièrement, il faudra qu'il soit encore en poste, et deuxièmement, qu'il ait rempli des objectifs économiques. S'il réussit, il aura droit à ce titre, à deux millions d'euros.

Que répond Ben Smith à ces accusations ?

Ben Smith contre-attaque en évoquant une polémique regrettable. Il rappelle qu'il a déjà fait des sacrifices financiers personnels : il a baissé son salaire fixe de l'an dernier de 25%, a renoncé à son bonus (le vrai) en 2020, et rappelle qu'il a investi pour 900 000 euros d'actions Air France-KLM. Pour l'instant, c'est un investissement qui relève de la foi en l'avenir car le groupe n'a pas versé de dividende depuis 10 ans. 

Il n'en reste pas moins qu'avec un total d'un million et demi sur l'exercice 2020, Ben Smith touche trois fois plus que le patron de la SNCF. Mais si l'on compare avec ses homologues du secteur aérien, il est deux fois moins bien payé que les patrons de Lufthansa et de la maison mère de British Airways, IAG.

D'autres dirigeants ont-ils été critiqués ?

Ben Smith n'est pas le seul patron chahuté cette année en assemblée générale, et c'est un signe de mécontentement des actionnaires. À cause de la crise, ces derniers ont moins de dividendes à se partager et ont donc plus de mal à avaler la rémunération des dirigeants. Environ un tiers des AG des principales entreprises françaises a déjà eu lieu et selon le magazine spécialisé L'Hebdo des AG, le taux d'approbation des rémunérations de dirigeants a baissé, par exemple, de dix points dans le CAC 40.

Les actionnaires n'apprécient surtout pas que les dirigeants modifient en cours d'exercice les critères d'attributions de leurs parts variables. Ainsi, on assiste à des contestations chez Pierre et vacances, Véolia, TF1, Axa ou encore Accor… Mais il faut rappeler que ces votes sur la rémunération des dirigeants ne sont que consultatifs.

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