VIDEO. "On est juste de la chair à canon" : un CRS présent lors des affrontements à l'Arc de triomphe raconte le déchaînement de violence

Un CRS, qui se confie à visage couvert au "20 heures" de France 2, assure avoir reçu "des boulons, de la peinture, des pavés et même de l'acide".

"Je n'ai jamais vu ça", témoigne un CRS sur France 2 présent place de l'Etoile à Paris pendant les affrontements avec des "gilets jaunes", samedi 1er décembre. Un autre membre des forces de l'ordre CRS a pu filmer une scène d'extrême violence de l'intérieur. En voulant empêcher les manifestants de dégrader l'Arc de triomphe, des policiers ont été bombardés de projectiles et sont obligés de reculer. L'un d'entre eux se fait violemment plaquer contre l'un des piliers, il finit par être protégé par ses collègues. Le CRS, qui se confie à visage couvert, rapporte que les forces de l'ordre ont reçu des boulons, de la peinture, des pavés et même de l'acide. "C'était vraiment destiné à nous blesser, à nous tuer", affirme-t-il. Ce CRS a vu une haine sans précédent dans les regards des manifestants.

"On n'avait plus de grenades"

"Cétait vraiment la guerre", assure-t-il. Au bout de quelques heures d'affrontements, les policiers manquent de munitions et se sentent livrés à eux-mêmes. "On se bat avec notre courage. On n'avait plus rien. On n'avait plus de grenades, plus de cartouches pour le Flash [pistolet à impulsion électrique]" Le CRS raconte aussi avoir eu la sensation d'être de "la chair à canon". Au cours du samedi 1er décembre, 10 000 grenades, plus de 700 balles de flash-ball et 140 000 litres d'eau ont été lancés. Au total, 133 blessés, dont 23 chez les forces de l'ordre.

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L\'équipement des CRS recouvert de peinture pendant leur face-à-face avec des \"gilets jaunes\".
L'équipement des CRS recouvert de peinture pendant leur face-à-face avec des "gilets jaunes". (ALAIN JOCARD / AFP)