Une enquête préliminaire ouverte après des prélèvements sanguins lors de manifestations des "gilets jaunes"

Cette enquête a été ouverte pour "violences volontaires aggravées" et "mise en danger de la vie d'autrui", a appris franceinfo auprès du parquet de Paris. 

Capture d\'écran d\'une vidéo montrant des personnes se présentant comme des \"street medics\" en train d\'effectuer un prélèvement sanguin lors d\'une manifestation de \"gilets jaunes\", place de la République, le 20 avril 2019 à Paris. 
Capture d'écran d'une vidéo montrant des personnes se présentant comme des "street medics" en train d'effectuer un prélèvement sanguin lors d'une manifestation de "gilets jaunes", place de la République, le 20 avril 2019 à Paris.  (FRANCEINFO)

Une enquête préliminaire a été ouverte après des prélèvements sanguins effectués dans la rue sur des manifestants pendant des rassemblements de "gilets jaunes", a appris franceinfo auprès du parquet de Paris, lundi 20 mai. Cette enquête a été ouverte jeudi pour "violences volontaires aggravées" et "mise en danger de la vie d'autrui" et a été confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

>> "Gilets jaunes" : comment de prétendus "street medics" ont effectué des prélèvements sanguins en pleine manifestation

Ces dernières semaines, plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux présentent des "street medics" – des secouristes bénévoles – réaliser des prélèvements sanguins sur des manifestants. "Il y avait deux dames, ainsi qu'une troisième personne, a par exemple témoigné une manifestante interrogée par franceinfo, après un épisode de ce type le 1er mai. Ils m'ont mis du sérum physiologique dans les yeux et ils m'ont dit : 'Vous êtes d'accord pour qu'on vous fasse une prise de sang pour savoir si vous avez du cyanure ?'"

Contacté par l'AFP, Renaud Fiévet, qui se présente comme médecin anesthésiste originaire de Belgique, a affirmé avoir organisé ces prises de sang "sur une quinzaine de manifestants" pour vérifier une potentielle "intoxication au cyanure causée par une exposition prolongée aux gaz lacrymogènes" tirés par les forces de l'ordre. Selon lui, ces prélèvements ont été pratiqués lors des manifestations du 20 avril et du 1er mai à Paris.

Un groupe de secouristes bénévoles dénonce ces pratiques

Des rumeurs de risque d'intoxication au cyanure par les gaz lacrymogènes circulent sur les réseaux sociaux depuis plusieurs semaines. Mais selon les spécialistes, il n'y a pas d'éléments scientifiques prouvant qu'une exposition prolongée aux gaz lacrymogènes peut entraîner une intoxication au cyanure.

Un groupe de secouristes bénévoles – la "Coordination 1er Secours" – a signé un communiqué s'alarmant de pratiques "illégales et immorales" réalisées en pleine rue. Le collectif avait également dénoncé des pratiques considérées comme "dangereuses", ainsi que l'usurpation du terme et des couleurs de "street-medics". "Nous conseillons vivement aux victimes de ne pas accepter de se faire prélever dans de telles conditions", avait-il mis en garde.

L'Ordre des médecins considère que ces prélèvements ne sont pas interdits dans la mesure où ils sont effectués "par un professionnel qualifié et identifié" et si la "personne consent à un prélèvement biologique pour des motifs qu'elle connaît".