Réformes : "On n'a pas assez de débats avec les syndicats, les ONG, la société civile"

Nicolas Tenzer, politologue professeur à Sciences Po, est l'invité du 23h de franceinfo pour parler de la grande grève du 5 décembre contre la réforme des retraites.

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Nicolas Tenzer, politologue professeur à Sciences Po, est l'invité du 23h de franceinfo pour parler de la grande grève du 5 décembre contre la réforme des retraites.

"Je ne crois pas du tout que la France soit irréformable. Je crois que parfois les méthodes de la réforme ne sont pas toujours les bonnes", commente Nicolas Tenzer sur franceinfo.

"Ce qui est intéressant, selon ce politologue, c'est que les mêmes erreurs sont commises par la droite comme la gauche. Par exemple, on considère souvent que la discussion préalable à une réforme tient lieu de négociations et les gens n'acceptent pas que ce soit toujours les mêmes catégories qui pâtissent de la plupart des réformes".

Ce professeur à Sciences Po distille quelques conseils au gouvernement : "Il faut organiser catégorie par catégorie des donnant-donnant. Il faut une clarté sur l'équilibre du fardeau, des pertes et des gains. Il faut rassurer, donner des perspectives".

"Besoin de nouveaux contrats social et fiscal"

"Emmanuel Macron a été élu clairement sur un programme de réformes assez fortes. Il faut mieux expliquer en quoi les réformes qui ont lieu vont vraiment amener à une transformation du pays, en quoi elles vont amener un progrès partagé qui va bénéficier à tous. Mais en amont, ça suppose de connaître la société française, ses angoisses, sa perception de l'action publique", explique l'auteur notamment des livres France : la réforme impossible ? ou de La France a besoin des autres.

"En Allemagne, il y a une longue tradition d'accords entre syndicats et patronat, mais ça n'empêche pas de très grandes grèves et de nombreux travailleurs pauvres", fait remarquer Nicolas Tenzer.

"Dire qu'il faut réformer parce que l'UE le veut est la meilleure manière de nourrir les populismes. Il faut d'abord réformer pour nous et les générations futures. On a besoin de définir un nouveau contrat social, un nouveau contrat fiscal. On n'a pas assez de débats avec les syndicats, les ONG, la société civile", estime le politologue.

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Nicolas Tenzer (FRANCEINFO)