Grand débat : la CNDP déconseille de fixer des "lignes rouges"

"Dès lors que le gouvernement a décidé de reprendre le pilotage du grand débat national, la CNDP n'y a plus sa place", estime Chantal Jouanno, sa présidente.

Chantal Jouanno, en décembre 2015.
Chantal Jouanno, en décembre 2015. (MIGUEL MEDINA / AFP)

La Commission nationale du débat public (CNDP) met en garde le gouvernement avant le grand débat national"Nous déconseillons fortement de préciser publiquement avant le débat les 'lignes rouges', c'est-à-dire les propositions que le gouvernement refusera quoi qu'il advienne de prendre en compte, et plus encore les sujets dont il ne veut pas débattre", écrit la CNDP dans son rapport de fin de mission diffusé lundi 14 janvier.

La commission avait été saisie mi-décembre par le Premier ministre pour préparer le débat. "L'expérience de la CNDP lui permet d'affirmer qu'afficher une telle position avant l'ouverture du grand débat national en videra les salles ou en radicalisera plus encore les oppositions", poursuit-elle. "Un débat qui ne permet pas d'aborder l'option zéro d'un projet, c'est-à-dire son abandon, est systématiquement un échec. Par contre, il ne vous sera jamais reproché de répondre négativement et de manière argumentée", souligne-t-elle.

La CNDP "n'a plus sa place" dans le grand débat

Dans sa lettre aux Français diffusée dimanche, Emmanuel Macron exclut notamment de revenir sur les réformes votées sur la fiscalité du patrimoine. En clair, sur la suppression de l'ISF, dont le rétablissement fait pourtant partie des demandes les plus fréquentes apparues dans les cahiers de doléances ouverts dans des milliers de mairies. Autre point non négociable pour le chef de l'Etat : le droit d'asile.

La publication du rapport marque, selon sa présidente Chantal Jouanno, la fin de mission de la CNDP. "Dès lors que le gouvernement a décidé de reprendre le pilotage du grand débat national, la CNDP, qui est une autorité neutre et indépendante, n'y a plus sa place", écrit-elle dans un tweet.

Chantal Jouanno s'était retirée début janvier de l'organisation du grand débat, en raison d'une polémique sur son salaire, qui s'établit à 14 666 euros brut par mois.