"'Gilets jaunes', ne faiblissez pas !" : le gouvernement italien affiche son soutien aux manifestants français

Le vice-Premier ministre Luigi Di Maio a proposé aux "gilets jaunes" d'utiliser la plateforme internet de son parti pour "organiser des événements sur le territoire" français ou "définir leur programme électoral".

Les vice-Premiers ministres italiens Luigi Di Maio et Matteo Salvini à Rome, le 1er juin 2018.
Les vice-Premiers ministres italiens Luigi Di Maio et Matteo Salvini à Rome, le 1er juin 2018. (ALBERTO PIZZOLI / AFP)

Les deux chefs politiques du gouvernement italien ont affirmé leur soutien aux "gilets jaunes" français, lundi 7 janvier. "Je soutiens les citoyens honnêtes qui protestent contre un président gouvernant contre son peuple", a affirmé le vice-Premier ministre italien, Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrême droite), ajoutant toutefois condamner avec une "totale fermeté" les violences durant les dernières manifestations.

"'Gilets jaunes', ne faiblissez pas !", a écrit l'autre vice-Pemier ministre Luigi Di Maio sur le blog du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, un parti antisystème), condamnant lui aussi les violences. Le chef de file du M5S a offert aux manifestants français l'aide de son mouvement et plus particulièrement de sa plateforme internet, pour "organiser des événements sur le territoire" français ou encore "choisir des candidats" et "définir le programme électoral" via son système de vote. "Rousseau" est une plate-forme interactive qui permet à tout inscrit au M5S de participer à l'élaboration des programmes, à la rédaction de lois, mais aussi au choix des candidats pour les élections locales ou nationales.

"Le gouvernement Macron n'est pas à la hauteur"

La maire de Rome, Virgina Raggi avait remporté l'élection municipale en 2016 après avoir été sélectionnée via internet par les militants lors d'une finale entre une dizaine de candidats, tous inconnus du grand public. "Rousseau" est toutefois critiqué en Italie pour son manque de transparence, et pour être sous le contrôle d'une société, créée par l'un des fondateurs du M5S, Roberto Casaleggio, théoricien de la démocratie directe et pourfendeur de la démocratie représentative.

"C'est un système pensé pour un mouvement horizontal et spontané comme le vôtre et nous serons heureux si vous voulez l'utiliser, poursuit Luigi Di Maio. Comme d'autres gouvernements, celui en France pense surtout à représenter les intérêts des élites, ceux qui vivent de privilèges, mais plus ceux du peuple."

"Le gouvernement [d'Emmanuel] Macron n'est pas à la hauteur des attentes et certaines politiques mises en oeuvre sont de fait dangereuses, non seulement pour les Français, mais aussi pour l'Europe", a encore estimé le vice-Premier ministre italien. "Nous, en Italie, nous sommes parvenus à inverser cette tendance", s'est-il félicité, appelant les "gilets jaunes" à faire de même. "Une nouvelle Europe est en train de naître. Celle des 'gilets jaunes', celle des mouvements, celle de la démocratie directe. C'est une dure bataille que nous pouvons mener ensemble", a-t-il conclu.