"Gilets jaunes" : "Mon quotidien c'est d'avoir vu mon mari trois jours en un mois", témoigne une compagne de CRS

La présidente de l'association des Femmes de forces de l’ordre en colère explique craindre pour la sécurité des policiers, mais soutient les revendications des "gilets jaunes".

Manifestations de policiers et compagnes de policiers à Paris, le 16 septembre 2017.
Manifestations de policiers et compagnes de policiers à Paris, le 16 septembre 2017. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

"Moi je suis femme de CRS mais je suis 'gilet jaune', leurs revendications sont tout à fait légitimes. Mais c'est vrai que pour nos hommes, c'est très très difficile", a affirmé sur franceinfo samedi 15 décembre Aurélie Laroussie, la présidente de l'association des Femmes de forces de l’ordre en colère (FFOC).

À quoi ressemble son quotidien ce moment ? "Je n'ai vu mon mari que trois jours en un mois. Mon quotidien, c'est aussi recevoir des insultes, des menaces, tous les jours sur notre compte public, sur mon compte Facebook personnel. C'est vivre avec une angoisse permanente. C'est attendre l'appel ou le sms du samedi soir pour dire que tout va bien. C'est passer nos journées devant les chaînes d'info en continu. C'est craindre avant tout pour nos hommes, même si on comprend les revendications des 'gilets jaunes' et qu'on les soutient" a-t-elle souligné.

Des revendications partagées

Si la présidente des Femmes de forces de l'ordre en colère soutient ce mouvement, c'est que, selon elle, les revendications autour du pouvoir d'achat concernent également les membres des forces de l'ordre : "Rien ne change pour nos forces de l'ordre, ni les heures supplémentaires défiscalisées, ni les heures de nuit... Donc on les envoie au casse-pipe tous les weekends, on leur demande de faire 15 ou 20 heures d'affilée, sans boire ni manger. Monsieur Macron et monsieur Castaner ne comptent rien changer pour le moment. Il va falloir réfléchir à faire quelque chose pour ces hommes et ces femmes membres des forces de l'ordre."