"Gilets jaunes" : le CNRS dément "formellement" la mise à pied d'un chercheur pour sa participation au mouvement

D'après "Le Progrès", Stéphane Mottin a été mis à pied jusqu'au 18 mars, en raison de sa mobilisation auprès des "gilets jaunes". Le CNRS explique qu'il a été en réalité convoqué en janvier, pour des faits qui n'ont "rien à voir" avec son engagement.

Le siège du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le 11 février 2016 à Paris. 
Le siège du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le 11 février 2016 à Paris.  (JOEL SAGET / AFP)

Stéphane Mottin a-t-il été mis à pied en raison de son engagement auprès des "gilets jaunes" ? Selon les informations du journal Le Progrès, samedi 29 décembre, le chercheur au CNRS, engagé dans le mouvement depuis ses débuts, a reçu un courrier lui annonçant sa mise à pied jusqu'au 18 mars.

"Ce n’est pas qu’une question de salaire, cette suspension pose de gros problèmes pour mes recherches. Je devais me rendre en Russie pour un programme biophotonique, tout est annulé", explique Stéphane Mottin. Ce dernier assure avoir été informé de cette mise à pied le 17 décembre dernier.

Une convocation mais pas de mise à pied

Joint par franceinfo, le CNRS dément "formellement" toute mise à pied ou suspension provisoire du chercheur. Un démenti également diffusé sur Twitter, samedi après-midi. 

L'institution assure que ce courrier datant du 17 décembre informe simplement le chercheur d'une convocation par le délégué régional Rhône Auvergne, pour un entretien le 21 janvier prochain. Le document, diffusé par Le Progrès, ne mentionne en effet aucune mise à pied.

"Il y a une conjonction de temps et de date"

Cette lettre rappelle toutefois au chercheur "qu'un fonctionnaire doit en toutes circonstances faire preuves de dignité, d'impartialité, d'intégrité et de probité, et qu'il est tenu dans l'exercice de ses fonctions à l'obligation de neutralité". "Il a été porté à ma connaissance le non-respect des obligations citées ci-dessus", poursuit le délégué régional dans cette lettre.

Cette convocation "n'a rien à voir avec les 'gilets jaunes'", assure à franceinfo le CNRS. "Il y a conjonction de temps et de date, mais cela n'a rien à voir", insiste le centre de recherche. Stéphane Mottin est, selon l'institution, "en conflit depuis plusieurs années avec la direction de son laboratoire", ce qui explique cette convocation.