"Gilets jaunes" : l'enquête sur la blessure à l’œil de Jérôme Rodrigues confiée à des juges d'instruction

Les magistrats du tribunal de Paris vont désormais poursuivre les investigations et Jérôme Rodrigues va pouvoir accéder au dossier.

Jérôme Rodrigues, le 8 février 2019, lors du 14e samedi de mobilisation des \"gilets jaunes\", à Paris.
Jérôme Rodrigues, le 8 février 2019, lors du 14e samedi de mobilisation des "gilets jaunes", à Paris. (EDOUARD RICHARD / HANS LUCAS)

Le dossier est désormais entre les mains des juges. L'enquête sur la grave blessure à l'œil de Jérôme Rodrigues, l'une des figures des "gilets jaunes", a été confiée mercredi à des juges d'instruction, a annoncé vendredi 15 février le parquet de Paris. L'enquête portera également sur la blessure d'un autre manifestant lors du rassemblement du 26 janvier à la Bastille.

Au terme de son enquête préliminaire, confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour des "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique avec arme" sur ces deux hommes. Des juges d'instruction du tribunal de Paris vont désormais poursuivre les investigations et les deux hommes pourront avoir accès et participer à la procédure.

Controverse sur l'usage du LBD

Sur Facebook, Jérôme Rodrigues a annoncé mercredi avoir perdu l'usage de son œil, ce qui pourrait entraîner une requalification criminelle de l'enquête. Cette mutilation a-t-elle été causée par un éclat de grenade ou par un projectile tiré d'un Lanceur de balles de défense (LBD), comme l'affirme le "gilet jaune" ?

La blessure de cet ancien commerçant de 39 ans, compagnon de route d'une autre figure du mouvement de contestation, Eric Drouet, a relancé la controverse sur l'usage du LBD. Cette arme est pointée du doigt pour avoir éborgné plusieurs manifestants et son usage fait l'objet d'une polémique croissante.

Les autorités avaient d'abord contesté tout usage d'une telle arme, dont les tirs sont désormais filmés, à l'heure des faits place de la Bastille. Mais une vidéo amateur et un rapport ultérieur d'un policier d'une compagnie de sécurisation et d'intervention (CSI) avaient confirmé le tir au moment où Jérôme Rodrigues a été blessé, sans toutefois établir formellement un lien avec la blessure.