"Gilets jaunes" : "J'avais signalé à la préfecture que la place d'Italie accueillait des chantiers", regrette le maire du 13e

Le premier anniversaire du mouvement des "gilets jaunes" a été marqué par des violences et des dégâts, notamment place d'Italie à Paris, samedi 16 novembre. Le maire du 13e arrondissement réagit.

Un \"gilet jaune\", place d\'Italie à Paris, où les forces de l\'ordre ont tenté de disperser des groupes de casseurs, samedi 16 novembre.
Un "gilet jaune", place d'Italie à Paris, où les forces de l'ordre ont tenté de disperser des groupes de casseurs, samedi 16 novembre. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Selon le ministère de l'Intérieur, 28 000 personnes ont manifesté ce samedi 16 novembre en France, dont 4 700 à Paris, pour le premier anniversaire des "gilets jaunes". Une journée marquée par des violences et des dégâts, notamment place d'Italie, lieu prévu pour le départ d'une des manifestations parisiennes.

"Ce n'était pas forcément le meilleur lieu", a réagi ce dimanche sur franceinfo Jérôme Coumet, maire DVG du 13e arrondissement de Paris. "J'avais signalé à la préfecture de police que la place d'Italie accueillait trois chantiers très importants, donc très difficile à sécuriser."

franceinfo : Que s'est-il passé ?

Jérôme Coumet : "J'étais moi-même place d'Italie, dans la mairie, et j'ai pu assister à toutes les scènes. Dès le début des rassemblements, il y a eu des affrontements, des projectiles ont été lancés contre les forces de l'ordre. On sentait la tension et on voyait qu'il y avait beaucoup d'individus qui n'étaient pas là pour manifester mais simplement pour casser.

Les premiers jets de projectiles sont-ils venus de casseurs ?

Oui, je le confirme et j'ai constaté aussi qu'il y avait beaucoup de personnes qui n'avaient pas pris la peine de revêtir un gilet jaune. Ils étaient habillés en black-blocs et étaient là pour détruire et affronter la police ou les pompiers. J'ai vu ça et j'étais triste et en colère. Je me bats tous les jours pour essayer d'améliorer la vie dans ces quartiers populaires. Fe voir tout ça détruit cela m'a beaucoup affecté.

Quels sont les dégâts ?

Des abribus tout neufs qui venaient d'être installés pour de nouvelles lignes que nous avions obtenues pour le 13e arrondissement. Quand je vois ça, je suis très affecté. J'ai tourné une partie de la nuit pour repérer tous les lieux parce qu'il n'y a pas que la place d'Italie qui a été endommagée, il y a eu des petits groupes de casseurs qui ont circulé à travers tout le 13e. Avec les services de la ville on a essayé de dégager les chaussées. Il y a eu plusieurs établissements d'attaqués et surtout beaucoup de dégradations sur le mobilier urbain. Cela représente beaucoup d'argent public qui aurait été mieux dépensé ailleurs.

Le rassemblement place d'Italie avait été autorisé par la préfecture. Pensez-vous que c'était une erreur ?

Ce n'était pas forcément la meilleure idée. Je ne suis pas dans un esprit de polémique, mais j'avais signalé à la préfecture de police que la place d'Italie accueillait trois chantiers très importants, donc très difficile à sécuriser même si nous avons fait tout ce que nous pouvions. Donc, ce n'était pas forcément le meilleur lieu. Qui dit chantier, dit possibilité de trouver des outils, des projectiles, et de les détourner de leur fonction. Cela étant, je me sens d'abord solidaire des forces de l'ordre et des pompiers qui toute l'après-midi ont essayé de ramener l'ordre sur cette place face aux casseurs. Les manifestants de bonne foi sont rapidement partis au regard de la situation.

Pouviez-vous refuser ce rassemblement ?

Non, je n'avais pas d'autres choix que de dire 'ok', malheureusement. J'avais alerté à plusieurs reprises parce qu'il y avait d'autres manifestations, nous avons subi le 1er mai qui était déjà terrible et à chaque fois j'ai rappelé à la préfecture de police qu'il y avait ces trois gros chantiers et qu'il était impossible de les démonter. On ne peut pas démonter un échafaudage le vendredi pour le samedi.

Quelle est votre position par rapport à ce mouvement des "gilets jaunes" ?

J'en ai vraiment ras-le-bol, cela fait un an que ça dure. Je ne suis pas contre les manifestations, mais avec des revendications. Là, je n'ai pas vu de revendication. Il y a un mouvement qui s'est décousu, qui n'a pas réussi à trouver sa place, qui n'a pas réussi à se faire représenter politiquement."