"Gilets jaunes" : Éric Coquerel dénonce "une vraie persécution" après l'arrestation d'Eric Drouet

"D'un côté, on a Éric Drouet [...], d'un autre côté, on a Benalla [...] deux poids, deux mesures." Éric Coquerel, député de La France insoumise de Seine-Saint-Denis et membre de la commission des finances, critique la "répression" et "la calomnie" utilisées contre les "gilets jaunes".

Éric Coquerel, député de la France insoumise de Seine-Saint-Denis et membre de la commission des finances (Paris, 6 novembre 2017).
Éric Coquerel, député de la France insoumise de Seine-Saint-Denis et membre de la commission des finances (Paris, 6 novembre 2017). (JOEL SAGET / AFP)

Éric Drouet, l'un des leaders des "gilets jaunes", a été arrêté mercredi soir, près de la place de la Concorde pour "organisation d'une manifestation non autorisée". Il est toujours en garde à vue. Éric Coquerel, député de La France insoumise de Seine-Saint-Denis et membre de la commission des finances, a affirmé jeudi 3 janvier sur franceinfo qu'"il y a une vraie persécution sur Drouet parce que c'est une des figures emblématiques".

franceinfo : Est-ce qu'Éric Drouet vous fascine ?

Éric CoquerelD'un côté, on a Éric Drouet arrêté hier soir avec quelques-uns de ses amis "gilets jaunes" uniquement pour avoir rendu hommage à tous les "gilets jaunes" tués et blessés ; et d'un autre côté, on a Benalla qui est au Tchad et qui fait ce qu'il veut avec plusieurs mises en examen. Donc, on a deux poids, deux mesures. Je pense qu'il y a une vraie persécution sur Drouet parce que c'est une des figures emblématiques. On a appris aussi que désormais les gendarmes pourraient donner des amendes très fortes aux "gilets jaunes" qui occupent des ronds-points. C'est une répression très forte qui est décidée, mais à côté de la répression il y a aussi la calomnie qui se met en place.

De quelle calomnie parlez-vous ?

On a dit qu'il avait voté pour Le Pen, cela se révèle faux. La calomnie ne touche pas seulement Drouet. On met en exergue des phénomènes ultra minoritaires, comme les dix olibrius en train de faire une quenelle à Montmartre il y a peu. Comme si le peuple était assujetti à être tout le temps à des humeurs désespérantes, au racisme, à la xénophobie, à l'homophobie. Ce n'est pas ça les "gilets jaunes". Sur les ronds-points, il y a de véritables phénomènes sociaux de discussions, de relations sociales. Il y a une révolution citoyenne, elle démarre, on ne sait pas jusqu'où elle va aller, combien de temps ça va durer et dans ce genre de phénomène il y a des personnages qui apparaissent.

La ligne de la France insoumise est-elle compatible avec Éric Drouet ?

Il y a aujourd'hui un mouvement très large qui a des caractéristiques nouvelles. Nous, on aurait préféré que la loi SNCF, la loi Travail, soient arrêtées par les organisations syndicales traditionnelles. Cela n'a pas été le cas. Le premier mouvement social qui gagne, comme par hasard, tous ceux qui défendent l'ordre établi de Macron à Hamon, ils tapent dessus. On le regarde avec des pincettes, des personnes se permettent de le juger, de le caricaturer, tout simplement parce qu'ils ont peur. Il n'y a pas que Jean-Luc Mélenchon qui s'oppose à monsieur Macron, il y a manifestement 80% des Français si l'on en croit les sondages. Donc, il y a bien un sentiment dans ce pays de refus de la politique du chef de l'État qui ne fait que s'accroître.