"Gilet jaune" blessé à l'œil samedi à Paris : un juge d'instruction va mener l'enquête

L'information judiciaire a été ouverte par le parquet pour "violences volontaires par une personne dépositaire de l'autorité publique suivies de mutilation ou infirmité permanente". 

Manuel C. au moment où il a reçu un projectile dans l\'œil gauche, place d\'Italie à Paris, le 16 novembre 2019.
Manuel C. au moment où il a reçu un projectile dans l'œil gauche, place d'Italie à Paris, le 16 novembre 2019. (FRED / AFP)

Un juge d'instruction a été chargé de mener l'enquête sur la blessure à l'œil de Manuel C., un "gilet jaune" touché samedi 16 novembre à Paris par un projectile, vraisemblablement tiré par la police, a annoncé, vendredi 22 novembre, le parquet de Paris. L'information judiciaire a été ouverte par le parquet pour "violences volontaires par une personne dépositaire de l'autorité publique suivies de mutilation ou infirmité permanente", une infraction criminelle.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, cet homme de 41 ans discute avec d'autres manifestants, place d'Italie, alors que la situation est très tendue aux alentours. Soudain, vers 14h45, un projectile le heurte violemment à l'œil gauche. Selon sa compagne, il a perdu l'usage de cet œil.

Une enquête "plus indépendante"

Une enquête préliminaire avait d'abord été ouverte par le parquet et les investigations confiées à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), dont l'impartialité est régulièrement mise en cause par les "gilets jaunes". "Nous sommes heureux de voir que cette enquête va pouvoir être menée de manière plus indépendante que sous l'autorité du parquet et de l'IGPN", s'est félicité auprès de l'AFP l'avocat de Manuel C., Arié Alimi.

Arié Alimi avait annoncé, mardi, le dépôt d'une plainte pour obtenir la désignation d'un juge d'instruction. Sa plainte vise nommément le préfet Didier Lallement, l'accusant de complicité pour avoir autorisé l'usage de lanceurs de grenade 56 mm. De son côté, le parquet de Paris avait initialement ouvert une enquête pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique avec armes ayant entraîné une interruption temporaire de travail de plus de huit jours".