Crise diplomatique avec l'Italie : "Il y a déjà un début de désescalade", estime un député Les Républicains

Le député LR Didier Quentin, membre du groupe d'amitié France-Italie à l'Assemblée nationale, estime vendredi sur franceinfo que la France et l'Italie ont leurs torts dans cette crise diplomatique.

Le député Les Républicains Didier Quentin s\'exprime lors d\'une séance de questions au gouvernement à l\'Assemblée nationale à Paris le 7 février 2017.
Le député Les Républicains Didier Quentin s'exprime lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris le 7 février 2017. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Après une série de déclarations de responsables italiens, jugées "outrancières" par les autorités françaises, et la rencontre entre le vice-Premier ministre et des "gilets jaunes", le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a décidé de rappeler l'ambassadeur de France en Italie. Le député Les Républicains Didier Quentin, membre de la commission des Affaires étrangères et du groupe d'amitié France-Italie, répond aux questions de franceinfo.

franceinfo : La France et l'Italie jouent-elles un jeu dangereux ?

Didier Quentin : On pourrait le considérer comme tel, mais il ne faut pas exagérer non plus. Il y a une certaine forme de gesticulation. Il y a eu un certain nombre de contentieux franco-italiens ces dernières années. Il faut savoir qu'Emmanuel Macron avait parlé de 'lèpre' aussi devant la montée du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue du Nord. Je constate qu'il y a déjà un début de désescalade. Nathalie Loiseau [la ministre chargée des Affaires européennes] a parlé d'un mouvement de mauvaise humeur. Je pense que tout ça devrait s'arranger dans les prochains jours. Matteo Salvini a proposé d'ailleurs de parler au président Macron, donc je crois qu'on entre dans cette phase.

Est-ce que la rencontre entre le vice-président du Conseil italien Luigi Di Maio et des "gilets jaunes" est une provocation ou une ingérence ?

Il y a un peu de provocation dans la venue du vice-Premier ministre. Ce n'est quand même pas rien, Luigi Di Maio dans le gouvernement. Mais alors de l'autre côté, il y a eu aussi un certain nombre de déclarations. La manière dont le président Macron souhaitait antagoniser d'une certaine façon les relations à l'intérieur de l'Union européenne entre les progressistes et puis les populistes ou nationalistes. Je serais tenté de dire que c'est presque match nul, mais là il y a eu un pas nouveau qui a été fait avec cette venue à Montargis, de ce vice-Premier ministre. C'était un carton jaune en quelque sorte, mais je pense que ça devrait en rester là.

Les dirigeants italiens font-ils diversion alors que leurs résultats économiques ne sont pas très bons ?

Il faut voir, mais pour l'instant c'était surtout Matteo Salvini qui prenait la lumière. Il a un taux de popularité qui est très élevé. Donc il pouvait y avoir du côté de Luigi Di Maio la volonté d'exister aussi. L'un et l'autre se tirent un peu la bourre. Et puis certes, les résultats en Italie ne sont pas très bons, mais les Italiens nous rétorquent, parce qu'on a vu abondamment sur les chaînes italiennes les images des émeutes parisiennes et provinciales, que le déficit commercial français est très important, à nouveau on passe au-dessus des 3% d'endettement... Chacun peut envoyer des amabilités à l'autre donc c'est pour ça qu'il est urgent que tout cela se dégonfle. Là, il y a un geste diplomatique fort, le retour de l'ambassadeur, Christian Masset, mais il y avait déjà eu des convocations de notre ambassadeur à Rome et de l'ambassadrice italienne à Paris. C'est un pas supplémentaire, mais je crois qu'il est grand temps d'amorcer la désescalade.