Corporatismes, immigration, "gilets jaunes"... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Emmanuel Macron à "Zadig"

Le chef de l'État décrit notamment une France "pétrie de corporatismes semblables aux guildes d’autrefois" mais dont "l'énergie collective" lui permettra de "repartir de l'avant".

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Radio France
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Emmanuel Macron, mardi 25 mai 2021. (JOHN THYS / AFP)

À un an de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron accorde une longue interview au magazine Zadig, publiée mercredi 26 mai, en exclusivité avec France Inter. Le président de la République y parle notamment de son enfance et de ses racines. Le chef de l'État en profite également pour fustiger une "société pétrie de corporatismes". Il parle aussi de l'immigration africaine, "une chance pour la France", selon lui.

"Une énergie collective" face aux "corporatismes"

"Aujourd’hui, on ressent à la fois le phénomène des grandes peurs et une fatigue de l’époque, que la pandémie accentue. Les intérêts en présence sont également là, qui ne veulent pas bouger : c’est une société pétrie de corporatismes semblables aux guildes d’autrefois. Pour avancer, il faut réussir à créer des voies d’eau", explique le chef de l'État.

Il assure que son rôle "est, chaque fois, de tracer le bon chemin, d’y mettre le bon mot, même si je fais des erreurs, pour permettre que cela advienne". Le président affiche une certaine confiance : "Si on a une énergie collective et une vision, on repartira de l'avant. Je pense que nous en avons la possibilité."

La France n'est pas "une addition de minorités ou de ressentiments"

"La France, c’est une volonté de chaque jour, ce n’est pas une identité figée" affirme Emmanuel Macron à propos des "immigration africaines". "Il faut dire à ces hommes et à ces femmes : vous qui êtes là par les cruautés de l’histoire, par la volonté de vos grands-parents, de vos parents ou par la vôtre propre, vous êtes une chance pour notre pays".

Avec les "gilets jaunes", "on a redécouvert la violence"

"J’avais vécu, pensé, décrit cette difficulté du pays, notamment dans Révolution [son livre publié alors qu'il était candidat à la présidentielle]. Même si je ne l’avais pas perçue à ce point, je n’ai pas été surpris de ce qui arrivait" dit le locataire de l'Elysée. "On a redécouvert la violence. La violence politique et militante existait depuis plusieurs années dans notre démocratie, avec le retour des black blocks dans les manifestations européennes puis en France en 2016. Avec les 'gilets jaunes', il s’agit d’un retour de la violence dans la société. On retrouve un des fondamentaux de notre vieux pays, fait de jacqueries." 

"Premiers de cordée, une métaphore mal prise"

"J’ai souvent utilisé la métaphore de la cordée", rappelle Emmanuel Macron en référence notamment à une interview d'octobre 2017. "Mais quand on aime la montagne, c’est évident : celui qui est devant n’avance que si celui qui assure derrière, lui, monte un peu lui aussi, et réciproquement."

En Seine-Saint-Denis, "il ne manque que la mer pour faire la Californie"

"Je vais vous décrire, en vous demandant de fermer les yeux, le département le plus jeune de France, avec deux aéroports internationaux, le plus important stade sportif français et le plus grand nombre de créations de start-up par habitant. Il ne manque que la mer pour faire la Californie…", assure le président de la République.

D'après lui, la Seine-Saint-Denis est à la fois "un poumon", "un espace unique de transformation économique et sociale" est un département où "toutes les fragilités françaises sont concentrées". C’est notamment "le seul endroit où l’on a assumé d’être un pays d’immigration, qui intègre, qui élève les enfants nés ici comme ailleurs".

"Remettre sur la table la question de la guerre d'Algérie"

Concernant l'histoire de la France, "je ne suis pas du tout dans la repentance", assure Emmanuel Macron. Mais il pense que "les Français ont besoin de porter un regard lucide et décomplexé" sur le passé de la France. "Nous n’aurons pas un rapport pacifié à nous-mêmes si nous ne parvenons pas à remettre sur la table la question de la guerre d’Algérie (…) Il faut agir, parce que plus de 10 millions de nos concitoyens vivent parfois douloureusement dans la mémoire de cette histoire partagée".

"Notre pays a besoin, pour vivre sereinement, de bâtir un récit commun et de poser des actes reconnaissant toutes ces vies, toutes ces mémoires", assure le président de la République.

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