"Ça nous coûte 5 000 euros pour se barricader" : les commerçants des Champs-Élysées craignent la 45e manifestation des "gilets jaunes"

Alors que les "gilets jaunes" ont annoncé une nouvelle manifestation samedi sur les Champs-Élysées à Paris, les gérants de cafés et de commerces se préparent. 

Des commerçants se barricadent le 14 décembre 2018. 
Des commerçants se barricadent le 14 décembre 2018.  (DELPHINE GOLDSZTEJN / MAXPPP)

Vers une nouvelle manifestation tendue des "gilets jaunes" sur les Champs-Élysées ? Plusieurs sites officiels de la capitale n'ouvriront pas leurs portes à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, notamment l'Arc de triomphe. Le préfet de police Didier Lallement a annoncé un dispositif "identique à celui du 1er mai", avec notamment 7 500 membres des forces de l'ordre, des lanceurs d'eau, et le retour dans les rues de véhicules blindés de la gendarmerie. En attendant d'éventuels débordements, les commerçants du quartier se résignent et se préparent.

Des rideaux resteront baissés 

L'un des kiosquiers des Champs-Élysées a décidé de fermer boutique "comme 16 autres samedis" depuis le début du mouvement. "Ça fait 16 000 euros de perte", déplore Samir qui va passer sa journée "dans le coin. Si ça se passe bien j'ouvre, mais au début il faut mieux rester fermé".

"Pour le moment, on est ouvert", dit un employé d'une brasserie sur les Champs-Élysées. En revanche, si ça dérape "on ferme direct", renchérit Laetitia qui implore les "gilets jaunes" "d'arrêter de casser".

5 000 euros pour se barricader 

Gisèle, une autre commerçante qui tient un café rue de Marignan à quelques mètres des Champs-Élysées est en revanche en colère. "Ils sont en train de nous ruiner", lance-t-elle alors que son établissement sera ouvert ce week-end. "On ne va pas fermer à chaque fois, on ne peut pas ! On licencie des gens, on en est là. Le week-end, je me suis séparée de deux personnes".

Patrice, directeur technique dans un hôtel dans le secteur, a vu les réservations fondre depuis le début du mouvement en novembre. "On a 40% de réservations en moins depuis que ça a commencé, déplore-t-il. On va être obligé de se barricader comme d'habitude. À chaque fois, ça nous coûte 5 000 euros".

Le reportage de Benjamin Illy
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