"Ça a réveillé une conscience collective" : un an après le début du mouvement, le "gilet jaune" Côme Dunis se souvient

Il y a presque un an, un mouvement inédit voyait le jour en France, celui des "gilets jaunes". Toute la semaine, franceinfo donne la parole à celles et ceux qui étaient au cœur des événements.

Côme Dunis, un \"gilet jaune\" de la première heure, entre Montargis et Amilly, dans le Loiret.
Côme Dunis, un "gilet jaune" de la première heure, entre Montargis et Amilly, dans le Loiret. (FARIDA NOUAR / RADIO FRANCE)

Cela fait un an que le mouvement des "gilets jaunes" est né. Partie d'une taxe sur le carburant, leur révolte a ébranlé le quinquennat d'Emmanuel Macron. Toute la semaine, franceinfo donne la parole à celles et ceux qui étaient au cœur des événements. Côme Dunis est l'un d'entre eux. Il a occupé le rond-point "Cacahuète" entre Montargis et Amilly dans le Loiret. "Jusqu'à la fin, fin janvier, on était encore sur le rond-point, jusqu'au démantèlement", raconte Côme. Un an après, il est toujours aussi déterminé et encore plus engagé dans la vie citoyenne.

"On savait qu'Emmanuel Macron ne répondrait pas à nos revendications"

Tout ce qu'il reste aujourd'hui de ces mois d'occupations, sur le rond-point "Cacahuète", c'est ce tag : "Place des Gilets Jaunes." Côme Dunis l'a occupé nuit et jour en se relayant avec 300 autres "gilets jaunes". "On savait qu'Emmanuel Macron ne répondrait pas à nos revendications", confie-t-il. Pour Côme Dunis, le président de la République aurait au moins pu "baisser la TVA sur les produits de premières nécessités et l'augmenter sur les produits de luxe (...). Ça aurait calmé tout le monde", concède-t-il.

Un tag sur le rond-point \"cacahuète\", entre Montargis et Amilly, dans le Loiret.
Un tag sur le rond-point "cacahuète", entre Montargis et Amilly, dans le Loiret. (FARIDA NOUAR / RADIO FRANCE)

En novembre 2018, les "gilets jaunes" du rond-point "Cacahuète" avaient monté un mur de parpaings à l'entrée du centre des impôts de Montargis. "C'était un ras-le-bol fiscal, un ras-le-bol social", se souvient Côme qui a été condamné à trois mois de prison avec sursis pour avoir participé à cette action "symbolique".

"Ce mouvement a réveillé une conscience collective"

Après le démantèlement du rond-point, Côme Dunis poursuit le combat mais cette fois sur le terrain politique. Il devient membre de la liste "Ralliement d'initiative citoyenne" pour les Européennes. Il n'ira pas jusqu'au bout mais n'a pas fait le deuil du mouvement : "Je ne pense pas que le mouvement soit mort. Tout le monde est encore 'gilet jaune'", raconte Côme. Pour lui, le mouvement va prendre une autre forme, notamment parce que "les gens ont peur de se rendre sur Paris aux manifestations."

Pour Côme Dunis, il y a eu un avant et un après mouvement des "gilets jaunes" : "Je me suis aperçu que je n'étais pas le seul à penser tout ça. Ça a réveillé une conscience collective et c'est important."  Lui-même envisage d'ailleurs de créer une liste pour les municipales dans son village, pour mettre en avant la démocratie "directe" et "participative." 

Le reportage de Farida Nouar
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