Arrestation d'Eric Drouet : l'exécutif "met de l'huile sur le feu" avec sa "police politique" estime Benjamin Cauchy

Benjamin Cauchy, figure médiatique des "gilets jaunes", a réagi à l'arrestation d'Éric Drouet.

Benjamin Cauchy, le 7 décembre à Paris. 
Benjamin Cauchy, le 7 décembre à Paris.  (YOAN VALAT / EPA)

"Malheureusement j'ai l'impression que le gouvernement veut radicaliser le mouvement. L'éxécutif ne fait que mettre de l'huile sur le feu. Ils viennent de remettre une pièce dans le jukebox et la chanson des "gilets jaunes" va continuer à chanter, ça c'est sûr !" a estimé mercredi 2 janvier sur franceinfo Benjamin Cauchy, figure médiatique des "gilets jaunes" après l'arrestation dans la soirée d'Eric Drouet, autre figure du mouvement, pour la deuxième fois en 15 jours.

"Je suis absolument abasourdi par cet acharnement politique que le pouvoir tente de mettre en place", a-t-il estimé. "La fermeté érigée en porte-drapeau lors de l'intervention du 31 décembre d'Emmanuel Macron se traduit par une police politique" a jugé Benjamin Cauchy, membre pourtant des "gilets jaunes libres" et partisan d'une ligne modérée et d'un dialogue avec le gouvernement. "Je peux vous assurer que l'arrestation d'Eric Drouet est le premier acte des futures élections européennes" estime-t-il.

"Une justice à deux vitesses"

"Il y a une justice à deux vitesses dans le pays : on arrête Eric Drouet qui vient déposer des bougies pour les 10 victimes de ce mouvement social, alors que le 31 décembre, il y a des centaines de délinquants qui ont brûlé des voitures. Il y a des centaines de vendeurs de drogue qui depuis des décennies gangrennent la jeunesse de notre pays et j'ai l'impression qu'on met plus d'énergie à arrêter Eric Drouet et ses amis que des personnes qui brûlent des voitures" regrette le "gilet jaune" de 38 ans.

"Les paroles d'Eric Drouet dépassent parfois largement sa pensée, mais il résume bien la colère qui s'exprime chez des centaines de milliers de Français qui ne se retrouvent pas dans la politique d'Emmanuel Macron" juge Benjamin Cauchy. "Il y a parfois des propos et des attitudes dommageables, mais l'arrêter quand il dépose des bougies, il y a deux poids, deux mesures à respecter !"