1er-Mai : quel dispositif sécuritaire pour encadrer les cortèges ?

Plus de 7 400 policiers et gendarmes seront déployés, mercredi, pour sécuriser les manifestations du 1er-Mai à Paris, où "1 000 à 2 000 activistes radicaux" sont attendus. 

Des policiers à Toulouse, le 27 avril 2019, lors du 24e samedi de mobilisation des \"gilets jaunes\".
Des policiers à Toulouse, le 27 avril 2019, lors du 24e samedi de mobilisation des "gilets jaunes". (FR?D?RIC SCHEIBER / HANS LUCAS / AFP)

"Ce 1er-Mai a provoqué une inquiétude particulière." Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a présenté, mardi 30 avril, le dispositif des forces de l'ordre qui sera déployé pour la Fête du travail partout en France, alors que la mobilisation des "gilets jaunes" se poursuit. Le gouvernement entend répondre avec un dispositif "d'ampleur exceptionnelle" aux nombreux appels à transformer Paris en "capitale de l'émeute".

Le ministre de l'Intérieur craint en effet que "1 000 à 2 000 activistes radicaux pourraient tenter de semer le désordre et la violence. Ils pourraient être rejoints par des milliers de ce qu'il convient d'appeler les 'ultrajaunes', ces 'gilets jaunes' qui se sont peu à peu radicalisés, et n'ont plus comme horizon que celui de la violence", a-t-il poursuivi lors de son point presse aux côtés du préfet de police de Paris. Franceinfo détaille les mesures prévues par les forces de l'ordre pour encadrer les cortèges de manifestants. 

Plus de 7 400 policiers et gendarmes mobilisés à Paris 

"Demain à Paris, un dispositif fort sera mis en place et plus de 7 400 policiers et gendarmes seront mobilisés, a affirmé Christophe Castaner lors de son point presse. Au cours de ces réunions, j'ai rappelé mes consignes : mobilité, réactivité, empêchement des violences et interpellation systématique des fauteurs de troubles." 

Au total, 50 unités des forces mobiles – à la fois des CRS et des gendarmes mobiles – seront déployées à Paris mercredi, sans compter les effectifs de police supplémentaires de la préfecture de police. 

Dans toute la France, 110 unités de forces mobiles, soit environ 8 000 hommes, seront déployées. Les villes de Toulouse, Montpellier, Rennes ou encore Nancy font partie des autres points de vigilance de cette journée pour les autorités.

Des motos et des drones en renfort

Au total, 190 motos circuleront aux alentours des manifestations. Ces motos ne sont pas "des voltigeurs" a insisté le ministre. "C'est un moyen de transport" qui doit permettre aux forces de l'ordre de se déplacer "rapidement". "En aucun cas, elles ne seront utilisées dans la gestion de la manifestation", a-t-il assuréDes drones serviront également à sécuriser le défilé, a-t-il précisé.

Des interdictions de manifester 

Comme lors des derniers samedis de mobilisations des "gilets jaunes", la préfecture de police a pris un arrêté interdisant toute manifestation dans les secteurs des Champs-Elysées, du palais de l'Elysée, de l'Assemblée nationale et de Notre-Dame de Paris.

Une manifestation déclarée, qui devait partir du Panthéon dans la matinée, a par ailleurs été interdite par la préfecture de police, car elle "présente des risques de troubles à l'ordre public et d'atteinte à la sécurité des personnes et des biens", notamment "au regard de la présence attendue d'éléments à haute potentialité violente". 

Les organisateurs de cette manifestation ont déposé, mardi, un recours au tribunal administratif pour faire annuler l'arrêté préfectoral leur interdisant de suivre le parcours qu'ils avaient déposé, a appris franceinfo. Ce cortège, qui regroupe à la fois des "gilets jaunes" (groupe "décla ta manif" de Sophie Tissier) et des associations membres des collectifs qui se mobilisent pour le climat (dont les "gilets verts", Unis pour le climat et Youth for climate Paris), devait s'élancer à 11 heures, mercredi du Panthéon et se disperser sur la place du 18-Juin-1940, près de la gare Montparnasse. 

A Lyon, le préfet du Rhône a pris un arrêté interdisant de manifester dans l'hypercentre de la ville, autour de la Rue de la République – mais le traditionnel cortège syndical n'avait pas prévu d'y passer, il doit partir de la place Jean-Macé pour rejoindre la place Bellecour.

Des contrôles préalables 

Des contrôles préventifs seront menés, dès ce mardi, dans et aux abords des principales gares, stations de métro et RER de l'agglomération parisienne, a appris franceinfo de source policière. Lors du point presse, le préfet de police de Paris a précisé qu'il y aurait aussi des contrôles sur les lieux de départ pour la manifestation en province, ainsi que sur les lieux d'arrivée à Paris. 

"Nous avons dès ce matin interpellé des individus (...) avec du matériel non compatible avec une déclaration pacifique de manifester", a indiqué le préfet de police de Paris. Le ministre de l'Intérieur a notamment évoqué le cas d'un homme arrêté mardi matin avec "un sac qui contenait une matraque télescopique, un couteau à cran d'arrêt et des gants coqués" dans le 10e arrondissement de Paris.

Des commerces fermés 

Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a pris cette année un arrêté pour imposer à 584 commerces, bars et restaurants présents sur le parcours de la manifestation syndicale de fermer et de se protéger, lors du passage du cortège.