Écotaxe : "C'est le zéro concertation", réagissent les transporteurs routiers qui dénoncent "des mesures mortifères"

Alors qu'une écotaxe sur les billets d'avion sera instaurée dès 2020, les aides au gazole pour les transporteurs routiers vont également être réduites.

Une opération escargot des transporteurs routiers, à Toulouse, le 23 novembre 2018.
Une opération escargot des transporteurs routiers, à Toulouse, le 23 novembre 2018. (NATHALIE SAINT-AFFRE / MAXPPP)
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"Sur le concept et le principe, nous ne sommes absolument pas d'accord mais surtout sur la méthode, c'est le zéro concertation", a réagi mardi 9 juillet sur franceinfo Jean-Marc Rivera, le secrétaire général de l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE), alors que la ministre des Transports, Élisabeth Borne, a annoncé qu'une écotaxe sur les billets d'avions allait être instaurée dès 2020. Les aides au gazole pour les transporteurs routiers vont également être réduites. Cette réduction de deux centimes par litre représentera une somme d'environ 700 euros par an et par camion.

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Le secrétaire général rappelle qu'en 2015, "nous avions déjà consenti un effort de quatre centimes de ce remboursement, c'était environ 1500 euros par an et par véhicule". Selon lui, "aujourd'hui, les routes et les infrastructures sont en très mauvais état, cet argent n'a pas été fléché vers les routes. On nous demande une rallonge sur cette fiscalité et on nous annonce une fois de plus que cet investissement est destiné aux transports collectifs et au ferroviaire".

"Des mesures mortifères"

Le grand problème pour Jean-Marc Rivera est que cette mesure ne favorise absolument pas les entreprises françaises : "Les mesures sont purement fiscales et n'impactent que le pavillon français. Ce sont avant tout les entreprises françaises qui payent le carburant en France et c'est elles qui vont être impactées par ces mesures qui vont épargner les entreprises étrangères. C'est un très mauvais coup pour les entreprises en matière de concurrence. Fort à parier que ces mesures vont être mortifères pour les entreprises françaises au profit des pavillons étrangers".

S'il n'y a pas d'actions prévues dans les prochains jours, il y a "une vraie colère des entreprises et notamment des PME dans les régions. Nous allons avoir une vraie consultation avec nos adhérents. Nous verrons les réactions que nous devons mettre en place", conclut-il.