Afflux de monde à la montagne : "Tout ce qu'on a voulu éviter par la fermeture des remontées mécaniques, on l'a créé là", déplore le maire de Lans- en-Vercors

Michaël Kraemer, maire de Lans-en-Vercors, en Isère, dénonce dans une "lettre ouverte" au président de la République, au Premier ministre et au préfet de son département, le manque d'anticipation du gouvernement.

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Radio France
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Des remontées mécaniques au Liorant, dans les monts du Cantal, le 4 décembre 2020. (J?R?MIE FULLERINGER / MAXPPP)

En Isère, les stations de ski ont été prises d'assaut ce week-end. Ski de fond, raquette, luge, toutes les activités autorisées ont été pratiquées par les Français sur place. Michaël Kraemer, maire de Lans-en-Vercors, en Isère, a écrit une "lettre ouverte" au président de la République, au Premier ministre et au préfet de l'Isère dans laquelle il dénonce un manque d'anticipation du gouvernement. Il était invité lundi 14 décembre sur franceinfo.

franceinfo : Comment était la fréquentation ?

Michaël Kraemer : C'était une fréquentation digne des plus grands week-ends de février avec du beau temps, une neige excellente et énormément de monde. Il y avait beaucoup de nouveaux pratiquants et donc qui n'ont pas les codes de la montagne. Les domaines ne sont pas sécurisés puisque nous n'avons pas encore embauché nos saisonniers, les parkings ne sont pas gérés, il y avait du monde partout sur la montagne.

Que reprochez-vous au gouvernement ?

La semaine dernière, on a été obligé de prendre des arrêtés en urgence pour fermer nos pistes pour se mettre en sécurité par rapport à nos responsabilités pénales de maire. Cette semaine, on a une affluence record. Avec l'ensemble des acteurs du monde skiable et l'association nationale des maires de montagne on avait prévu des protocoles pour encadrer les personnes. Mais aujourd'hui force est de constater que le monde vient même si les stations sont fermées, les attroupements sont là. On aurait pu les canaliser grâce à nos professionnels, les accompagnateurs de moyenne montagne et aux activités qu'on a proposé. Là, on a laissé tout le monde à la montagne, tout le monde a besoin d'air et les gens sont venus en oubliant le minimum des gestes barrières, des précautions d'usage. On est dans une situation ubuesque. Tout ce qu'on a voulu éviter par la fermeture des remontées mécaniques, on l'a créé là.

Cette fermeture était donc inutile ?

C'est très contreproductif. On va devoir sécuriser nos domaines, l'Etat nous a promis de l'argent, pour éviter l'accidentologie parce qu'on n'est pas insensible, nous les maires. Donc, même si on n'a pas de rentrées d'argent on va dépenser pour sécuriser et on espère que les aides arriveront parce que cela va être difficile.

La réouverture des pistes est prévue le 7 janvier. Pensez-vous qu'il faut rouvrir avant ?

Je pense qu'il faut rouvrir avant. Il faut qu'on organise les flux autour des montagnes parce que les gens ont besoin de s'oxygéner et la montagne est une valeur refuge. On est prêt à les accueillir mais il faut que les conditions soient réunies pour éviter qu'on devienne des clusters. On peut organiser des gestes barrières, sensibiliser les gens. Si on rouvre, on arrivera à canaliser les personnes.

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