Xavier Bertrand défend le chômage partiel

Dans un entretien au "Monde", le ministre du Travail estime que l'activité partielle peut être une solution "intéressante" pour les personnes dont les entreprises connaissent des difficultés.

Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, à l\'Assemblée nationale, le 30 novembre 2011.
Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, à l'Assemblée nationale, le 30 novembre 2011. (VINCENT ISORE / IP3 PRESS / MAXPPP)

"Pour un certain nombre de salariés et pas seulement en CDI, le chômage partiel ou l'activité partielle peut être une solution intéressante." Dans un entretien au Monde daté du jeudi 22 décembre, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, défend la pratique du chômage partiel dans les entreprises connaissant des difficultés. "On a développé cette pratique au cœur de la crise, continuons !" exhorte le ministre. Depuis quelques mois, plusieurs grands groupes y ont effectivement recours et notamment l'industrie automobile, un secteur où l'activité recule.

En contrepartie, Xavier Bertrand estime que "les donneurs d'ordre ont une responsabilité sociale vis-à-vis de leurs sous-traitants. Ils doivent leur apporter de nouvelles garanties : leur accorder un délai de préavis en cas de rupture de contrat et faire plus en matière de formation et de reclassement." Le ministre propose également de réduire de vingt à dix jours "les délais de réponse de l'administration" en cas de chômage partiel.

Pour faire face à la hausse du chômage, qui atteint des niveaux records, un sommet sur l'emploi se tiendra à l'Elysée le 18 janvier. "L'idée est de proposer des solutions d'application rapide avec les moyens correspondant pour contenir au maximum les effets de la crise, explique Xavier Bertrand. Ce peut être aussi le moment d'aborder des questions plus structurelles comme la compétitivité (...). Nous souhaitons une discussion ouverte et franche avec les partenaires sociaux pour partager le diagnostic et avancer concrètement sur les solutions."

Des "mesures fortes" promises par Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy a promis mercredi à des députés UMP que le gouvernement annoncerait des "mesures fortes" contre le chômage, entre le 2 janvier et la tenue de ce sommet. Depuis le 1er décembre, le chef de l'Etat et le gouvernement ont livré quelques détails sur ces mesures.

Lors d'un déplacement à Sallanches (Haute-Savoie) la semaine dernière, Nicolas Sarkozy a fait savoir que le gouvernement allait consacrer des "moyens supplémentaires" en matière d'indemnisation du chômage partiel.

La porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse, a rappelé mercredi, en rendant compte des travaux du Conseil des ministres, que Bercy avait d'ores et déjà annoncé des mesures pour "dynamiser l'emploi industriel et permettre aux entreprises qui seraient dans des difficultés passagères de trésorerie de trouver des réponses à leur situation". La ministre du Budget a également indiqué que le chef de l'Etat avait demandé au gouvernement de réfléchir "à améliorer le volet insertion [du Revenu de solidarité active] dans la perspective du sommet pour l'emploi", estimant qu'il ne "fonctionnait pas correctement".