L'Europe appelle le reste du monde à renflouer le FMI

Les pays membres de la zone euro vont accorder 150 milliards d'euros au FMI pour l'aider à secourir les pays de l'UE en difficulté. Trois pays non membres de la zone euro ont annoncé qu'ils participeraient eux aussi à ce renflouement.

La directrice générale du FMI Christine Lagarde et le président de l\'Eurogroupe Jean-Claude Juncker à Bruxelles (Belgique), le 14 juin 2011.
La directrice générale du FMI Christine Lagarde et le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker à Bruxelles (Belgique), le 14 juin 2011. (GEORGES GOBET / AFP)

Les pays de la zone euro se sont mis d'accord lundi 19 décembre pour apporter 150 milliards d'euros au Fonds monétaire international (FMI) afin d'aider de façon indirecte les pays en difficulté de l'union monétaire. Cette décision a été prise à la suite d'une réunion téléphonique entre les ministres européens des Finances, en fin d'après-midi. Ces derniers se disent confiants dans la capacité de l'Europe dans son ensemble d'arriver, à terme, à une contribution totale de 200 milliards d'euros.

L'idée de cette démarche est qu'en retour, le FMI prête aux pays de la zone euro en difficulté. Mais cette initiative rencontre un succès inégal. La Belgique s'est ainsi dite prête à contribuer à hauteur de 9,5 milliards d'euros. Le Royaume-Uni refuse, lui, d'y participer. Londres n'est prête à envisager une nouvelle contribution au FMI que dans le cadre d'un effort international très large incluant les pays du G20, groupe qui rassemble les plus grandes puissances de la planète.

Aider l'Europe via le FMI

Justement, les pays membres de la zone euro, par la voix du président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker, ont lancé lundi un appel au reste du monde pour qu'il participe aussi au renflouement du FMI, afin de lui donner ensuite les moyens de soutenir la zone euro confrontée à la crise de la dette. 

"L'Union européenne apprécierait que les membres du G20 ainsi que d'autres pays membres du FMI financièrement solides soutiennent les efforts visant à préserver la stabilité financière mondiale en contribuant à augmenter les ressources du FMI", a indiqué Jean-Claude Juncker. Trois pays européens non membres de la zone euro ont déjà donné leur accord : le Danemark, la Suède et la Pologne. La République tchèque laisse toujours planer le doute.

Risques accrus, selon la BCE

Dans un rapport bi-annuel publié lundi, la Banque centrale européenne a averti que les risques pesant sur la stabilité financière de la zone euro avaient considérablement augmenté au second semestre, alimentés principalement par les craintes de contagion de la crise de la dette et par des tensions sur le marché interbancaire. La BCE a par ailleurs critiqué la réponse politique trop lente à la crise, estimant qu'elle n'a fait qu'empirer les choses en permettant à la contagion d'atteindre l'Italie et l'Espagne.

"La possibilité que d'autres Etats souverains de la zone euro soient, par conséquent, confrontés à des difficultés de refinancement de leur dette reste l'un des risques les plus pressants pesant sur la stabilité financière de la zone euro", juge la BCE. L'institution européenne appelle à une mise en oeuvre "rapide et intégrale" des mesures promises par les dirigeants européens lors de leur dernier sommet au début du mois.