Nokia va supprimer 1 233 emplois dans sa filiale française Alcatel-Lucent

Les sites de Lannion et de Nozay, consacrés à la recherche sur la 5G, sont directement visés.

L\'entrée du site Nokia à Lannion, (photo d\'illustration, 07 septembre 2017).
L'entrée du site Nokia à Lannion, (photo d'illustration, 07 septembre 2017). (DAMIEN MEYER / AFP)

L'équipementier Nokia annonce lundi 22 juin la suppression de 1 233 emplois dans sa filiale française Alcatel-Lucent, soit un tiers de ses effectifs, a appris franceinfo de sources syndicales, confirmant une information de l'AFP. L'annonce a été faite lors d'un CSE extraordinaire (comité social et économique). 

Nokia confirme cette information dans un communiqué diffusé lundi et assure vouloir "limiter l’impact social de ce projet de transformation en proposant un plan de départs volontaires lorsque cela sera possible et en offrant des solutions de reclassement adaptées à la situation personnelle de chacun des employés concernés".

Les trois filiales françaises non touchées

L’équipementier précise que ses trois filiales françaises, Radio Frequency Systems, Nokia Bell Labs France et Alcatel Submarine Networks, ne seront pas touchées. Les 1 233 postes qui seront supprimés sont "dans la recherche et développement (R&D) et dans les fonctions centrales sur les sites de Paris-Saclay et Lannion".

D'après les sources syndicales, 402 postes vont être supprimés à Lannion, dans les Côtes-d'Armor, soit la moitié de l'effectif global, et sur le site de Paris-Saclay à Nozay en Essonne, 831 postes seront supprimés. Ces deux sites travaillaient sur la mise en place de la 5G, présentée pourtant comme un secteur d'avenir.

Il s'agit du quatrième plan social en quatre ans pour la branche française de l'équipementier télécoms finlandais. Le dernier n'est même pas encore achevé.  Lors du rachat d'Alcatel-Lucent en 2016, le groupe Nokia avait signé un accord avec l'État français via son ministre de l'Économie de l'époque, Emmanuel Macron. Il s'y engageait à maintenir et même à agrandir son service de recherche et développement en France pendant quatre ans. Ce contrat arrive maintenant à échéance. Les syndicats espèrent qu'Emmanuel Macron s'impliquera à nouveau pour les défendre.

"La France restera un pôle de R&D déterminant au sein de Nokia"

Le président de Nokia en France, Thierry Boisnon, assure dans le communiqué que le groupe "continuera a être un employeur important en France avec un ancrage solide au niveau de la R&D [Recherche et Développement], des ventes et des services, ce qui nous permettra de développer et d’exécuter avec efficacité les projets de nos clients". 

"La France restera un pôle de R&D déterminant au sein de Nokia, principalement autour du développement des technologies 5G et de la transmission par faisceaux hertziens, ainsi que dans la recherche avancée avec Bell Labs, dont l’Internet des Objets et la nouvelle génération de solutions de transport. Nous comptons également continuer à jouer un rôle actif dans l’écosystème numérique français", ajoute-t-il.

La nouvelle a été accueillie froidement à Bercy. Nokia doit "améliorer très significativement" son plan, a notamment réagi une source au ministère de l'Economie, contactée par l'AFP. Le gouvernement prévoit de travailler avec les salariés d'Alcatel-Lucent pour faire à Nokia des contre-propositions.