Soldes 2022 : "Une baisse du chiffre d’affaires de 10%", selon un premier bilan, indique l'Alliance du Commerce

C’est "un client sur cinq qui n'est pas venu en magasin par rapport à l'année 2019" explique Yohann Petiot à propos du bilan des soldes d'été 2022, qui se terminent mardi.

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Un magasin parisien avec une affiche solde sur sa vitrine en janvier 2022. Photo d'illustration. (LAURE BOYER / HANS LUCAS / AFP)

Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du Commerce, qui fédère les grands magasins et les enseignes de mode, a indiqué mardi 19 juillet sur franceinfo une baisse du chiffre d’affaires de -10% pour la période des soldes 2022 par rapport à l’année 2019, selon un premier bilan. Pour le trafic en magasin, "la diminution est encore plus forte puisque c'est -21%", souligne-t-il. C’est "un client sur cinq qui n'est pas venu en magasin par rapport à l'année 2019 qui était sur les mêmes dates".

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L’inquiétude des Français face à la hausse des prix peut expliquer cette baisse. "L’inflation n'est jamais favorable à notre secteur", souligne Yohann Petiot. En revanche, les ventes web sont en hausse de "60% par rapport à leur niveau de 2019", année de référence avant Covid-19. 

franceinfo : Quel est le bilan des soldes ?

Yohann Petiot : Il est encore un peu tôt pour tirer un bilan définitif. Mais d'ores et déjà, les premiers chiffres indiquent quand même une baisse d’activité de -10% en magasin sur cette période de soldes 2022. C’est -10% de vente, de chiffre d'affaires. Si on regarde par contre le trafic en magasin, la diminution est encore plus forte puisque c'est -21% de trafic. Un client sur cinq n'est pas venu en magasin par rapport à l'année 2019 qui était sur la même date.

"Le comportement durant ces soldes est à peu près similaire à ce qu'on a observé sur le premier semestre 2022. C'est donc des tendances de long terme."

Yohann Petiot directeur général de l'Alliance du Commerce

à franceinfo

On voit que ce qui marche particulièrement bien, ce sont les magasins en zones d'activité, en périphérie des villes où les clients peuvent venir avec leur voiture. Cette praticité a très bien marché durant la crise Covid et elle continue de très bien marcher après la crise Covid. Cette baisse de trafic en magasin de l'ordre de -20%, on la connaît maintenant depuis deux ans. Depuis cette crise Covid, on voit que les clients viennent moins en magasin, mais lorsqu'ils viennent en magasin, par contre, ils ont tendance à davantage acheter.

Que peut faire le commerce de proximité face à ces changements de mode de consommation ?

Il faut se transformer, être sur le digital. Lorsqu'on regarde les ventes sur le web, elles font 60% par rapport à leur niveau de 2019. Là aussi, c'est une tendance de consommation née avec la crise sanitaire qui se confirme. Les ventes web sont en augmentation, elles marchent parfaitement bien. Sur le premier semestre, on était à 68%, donc c'est une tendance qui s'inscrit sur du long terme. Donc, il faut aujourd'hui absolument que les commerces, qu'ils soient petits, de proximité ou un peu plus lointains, soient sur Internet, aient un site Internet performant avec une offre, qu’ils communiquent sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, on ne peut pas faire sans Internet.

Comment expliquer cette baisse du chiffre d’affaires ?

C’est compliqué de lire le comportement client. Si on revient juste un mois en arrière, nous avons eu un très bon mois de mai. Et puis, tout d'un coup, le mois de juin a été très, très décevant, probablement lié aux inquiétudes sur l'inflation et le pouvoir d'achat des Français, qui sont remontées très fortement sur le mois de juin et qui créent une inquiétude.

"Les arbitrages de consommation sont souvent défavorables à notre secteur. L’inflation a été une inquiétude très forte chez les Français et à mon avis, décuplé à la veille des grandes vacances."

Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du Commerce

à franceinfo

Beaucoup de Français se disent : ‘Est-ce que je garde un peu de mon pouvoir d'achat pour les vacances d'été ou est-ce que je m'équipe en habillement ?’ C'est vrai, on le sait, en période d'inflation, les décisions de consommation prises par les consommateurs sont souvent défavorables parce qu'ils ont d'autres dépenses qui augmentent : le logement, les dépenses de santé, les dépenses d'énergie aujourd'hui qui augmentent de manière très forte. Donc, on le sait, l'inflation n'est jamais favorable à notre secteur.

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