Réforme des retraites : "On ira évidemment à cette concertation", déclare Geoffroy Roux de Bézieux

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Le président du Medef estime que cette réforme est "indispensable à faire" et que cette concertation permettra de "faire des propositions". 

"Sur une réforme aussi importante, c'était difficile de ne pas faire une concertation", a déclaré jeudi 29 septembre sur franceinfo Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef. "Nous, on ira évidemment à cette concertation. D'abord, on examinera ce qui est proposé et puis on aura des propositions à faire", a-t-il ajouté.

Il réagit à l'annonce faite par le gouvernement d'ouvrir un nouveau cycle de concertations autour de la réforme des retraites, dans la perspective d'adopter un projet de loi "avant la fin de l'hiver". Le but étant - pour Elisabeth Borne - "une entrée en vigueur de la réforme à l'été 2023". Dans cette perspective, la Première ministre a demandé au ministre du Travail Olivier Dussopt "d'engager dès la semaine prochaine" des négociations avec organisations patronales et syndicales, ainsi qu'avec les "groupes parlementaires".

Une réforme "indispensable à faire"

"On n'a pas à être aux côtés ou en face du gouvernement", précise le président du Medef. "Nous on soutient depuis le début le principe d'une réforme des retraites", ajoute-t-il. "Trois mois de concertation ça peut paraître court mais en même temps, les positions sont connues donc oui ça me paraît raisonnable comme concertation."

"La réforme des retraites est indispensable à faire", martèle-t-il avant d'expliquer : "Si on veut garder notre système de protection sociale, on ne peut le financer qu'avec la quantité globale. Si le chômage était à 2% on en aurait moins besoin, mais là, il est à 7% malheureusement. Donc on a besoin de cette réforme."

Concernant la menace de dissolution de l'Assemblée nationale mise en avant par Emmanuel Macron si les débats sur la réforme des retraites n'aboutissent pas et qu'une motion de censure est votée contre le gouvernement, Geoffroy Roux de Bézieux estime qu'il n'a "pas de commentaire à faire dessus."

Une réforme "difficile pour tout le monde"

Pour le président du Medef, l'âge de départ à la retraite, "n'est pas le seul paramètre sur lequel il faut se focaliser." "Aujourd'hui, c'est 62 ans l'âge légal et pourtant l'âge effectif - l'âge auquel les gens partent - est au-delà de 62 ans dans le privé et en-dessous dans le public", explique-t-il.

D'après lui, il y a une "iniquité" dans le système de retraites actuel entre "nos salariés dans le privé qui partent plus tard et qui ont une retraite calculée sur les 25 meilleures années et ceux du public qui partent plus tôt - dans la moyenne il y a aussi les régimes spéciaux donc il ne faut pas tout amalgamer - et avec une retraite calculée sur les six derniers mois."

Enfin, sur les régimes spéciaux, pour le président du Medef "il sera difficile de demander aux Français de travailler plus longtemps si certaines catégories sont exemptées." Il juge cette réforme des retraites "difficile pour tout le monde" voire "anxiogène" mais il ne voit pas "comment on peut demander à une majorité de Français de travailler plus longtemps si on exonère, en quelques sortes, une minorité."

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