Réforme des retraites : les renseignements territoriaux craignent un "acte 2" de la mobilisation après la décision du Conseil constitutionnel

Après trois mois de crise, tous les regards sont braqués vers le Conseil constitutionnel. Et les forces de l'ordre craignent des débordements.
Article rédigé par France Info
Radio France
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Des forces de l'ordre déployées devant le Conseil constitutionnel à Paris, le 13 avril 2023 (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

Paris, capitale de la vigilance policière. Alors que les Sages doivent rendre vendredi 14 avril, vers 18h, leur décision sur la réforme des retraites, les manifestations près du Conseil constitutionnel, situé dans le 1er arrondissement de Paris, sont interdites depuis jeudi soir et jusqu'à samedi matin.

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Le bâtiment de la rue de Montpensier est déjà protégé par les forces de l'ordre depuis jeudi après-midi : dans la matinée, l'entrée rue de Montpensier avait été symboliquement bloquée par des poubelles, rapidement déblayées. Un important dispositif de policiers et gendarmes s'est ensuite positionné devant le Palais Royal alors que passait le cortège parisien de la 12e journée de mobilisation. Cette mobilisation de forces de l'ordre va se poursuivre à la demande du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Selon le préfet, il existe un "risque sérieux de cortèges sauvages constitués d'éléments radiaux à haute potentialité violente". La protection des autres bâtiments sensibles, Elysée, Matignon, les ministères, ainsi que l'Assemblée et le Sénat ont déjà été renforcée.

"Ultra-gauche", "ultra-jaunes" et "ultra-syndicats"

Mais la place Beauvau surveillera de près aussi les rassemblements annoncés en régions : Lyon, Marseille, Grenoble, Nice, Toulouse notamment, dans l'Ouest surtout, Rennes, Nantes, bastions de l'ultra-gauche. D'après une note du renseignement territorial consultée par franceinfo, 131 actions sont attendues vendredi soir en réaction à la décision du Conseil constitutionnel, notamment "sous la forme de rassemblements, défilés et actions de blocage". 

Les renseignements territoriaux craignent en effet un "acte 2" de la mobilisation : une nouvelle dynamique menée par des "ultras" : "ultra-gauche", "ultra-jaunes" et des "ultra-syndicats" aussi, avec la logique qualifiée de "va-t-en guerre" de certaines organisations, avec le mot d'ordre de certaines section locales de "la grève générale", seul moyen à leurs yeux "de faire plier l'exécutif." 

Selon le ministère de l'Intérieur, 380 000 manifestants ont défilé en France (1,5 million selon la CGT). C'est le deuxième plus faible score depuis le début du mouvement après celui du 11 mars, alors que le plus haut a été atteint le 7 mars avec 1,28 million de manifestants, chiffres de l'Intérieur.

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