"La ligne rouge est franchie", "désagréable surprise"... Le gouvernement se met les syndicats réformistes à dos après ses annonces sur la réforme des retraites

La CFDT pourrait à son tour appeler à la grève, tandis que l'Unsa, force majoritaire à la RATP, a déjà appelé à pérenniser le mouvement. 

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Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, à Paris, le 11 décembre 2019.  (THOMAS SAMSON / AFP)

Le gouvernement semble perdre ses derniers soutiens potentiels parmi les partenaires sociaux. Les annnonces d'Edouard Philippe, qui a présenté pendant près d'une heure l'architecture du projet de réforme des retraites de l'exécutif, mercredi 11 décembre, a suscité l'ire des syndicats. "Le gouvernement s'est moqué du monde", a estimé Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, tandis que la CGT-Cheminots a appelé à intensifier la grève à la SNCF.

>> Réforme des retraites : suivez les réactions en direct après les annonces d'Édouard Philippe

Plus problématique pour l'exécutif : les annonces du Premier ministre ont suscité la colère des syndicats réformistes, dont la CFDT et l'Unsa, les deux seuls à ne pas être farouchement opposés à la mise en place d'un système par points. Franceinfo fait le point sur les réactions.

"La ligne rouge est franchie", fustige la CFDT 

Le secrétaire général de la CFDT a estimé que le gouvernement avait franchi une "ligne rouge" en fixant l'âge d'équilibre (en dessous duquel il y a une décote) à 64 ans dans son projet de réforme des retraites. "Pour la CFDT, il y avait une ligne rouge dans cette réforme, c'était le fait de ne pas mélanger la nécessité d'une réforme systémique pour rendre le système plus juste et lisible, et la réforme paramétrique qui demanderait aux travailleurs de travailler plus longtemps", a fustigé Laurent Berger. 

La CFDT va-t-elle appeler à la grève ? "Je réunis cet après-midi le bureau national de la CFDT qui décidera des actions dans les jours et les semaines à venir", a ajouté le secrétaire général du premier syndicat français. "Je ne me vois pas entrer dans les dépôts et dire que la CFDT accepte les dispositions et lève le préavis, a prévenu Didier Aubert de la CFDT Cheminots, interrogé par franceinfo. Il n'est pas question que l'on sacrifie 30 000 de nos collègues au régime universel (…). En l'état actuel des choses, avec aucune mesure d'accompagnement pour ces gens-là, pas question que l'on se satisfasse des négociations."

"Une désagréable surprise", regrette l'Unsa

De son côté, le secrétaire général de l'Unsa a aussi évoqué une "ligne rouge""On a eu une désagréable surprise", a déclaré Laurent Escure, assurant que la mobilisation de ses fédérations pourrait "se globaliser".

 L'Unsa RATP, première force syndicale dans la régie des transports, a appelé à "élargir" le mouvement et à l'installer "dans la durée""Soit ils sont bouchés, soit ils ne comprennent rien, a de son côté dénoncé Philippe Capon, secrétaire général de l'Unsa Police, avant de menacer : "On va durcir s'ils ne comprennent pas."

"Rien ne change", déplore la CFE-CGC 

La CFE-CGC, dont l'adhésion au mécontentement est assez exceptionnelle, n'a pas non plus été convaincu par les annonces d'Edouard Philippe. "Le discours est très long mais en réalité, rien ne change", a affirmé sur BFM Business le président du syndicat des cadres, François Hommeril.

La sélection de franceinfo sur la réforme des retraites

• Reportage. "Le mal est plus profond" : dans le cortège parisien, les manifestants ne protestaient pas uniquement contre la réforme des retraites

• Décryptage. Ce qu'il faut retenir des annonces d'Edouard Philippe sur la réforme des retraites

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