L'exécutif critiqué après la Légion d'honneur accordée au patron de la branche française de BlackRock

Le gestionnaire d'actifs a été accusé de faire valoir auprès de l'exécutif le régime de retraite par capitalisation, ce dont il s'est défendu récemment.

Des pancartes ornées du nom du gestionnaire d\'actifs BlackRock lors d\'une manifestation contre la réforme des retraites à Paris, le 17 décembre 2019.
Des pancartes ornées du nom du gestionnaire d'actifs BlackRock lors d'une manifestation contre la réforme des retraites à Paris, le 17 décembre 2019. (NICOLAS PORTNOI / HANS LUCAS / AFP)

La CGT dénonce "un symbole jupitérien". La nomination du patron de la branche française du géant américain de la finance BlackRock au rang d'officier de la Légion d'honneur a valu de nombreuses critiques au pouvoir exécutif, mercredi 1er janvier. Les opposants à la réforme des retraites accusent la société de vouloir l'influencer à son avantage, ce que dément BlackRock.

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Jean-François Cirelli, ancien dirigeant de GDF-SUEZ, puis d'Engie, et actuel président de la branche française de BlackRock, a été nommé officier sur le contingent du Premier ministre, selon la promotion du Nouvel An de l'Ordre national de la Légion d'honneur publiée mercredi au Journal officiel.

Le Journal officiel ne mentionne pas BlackRock 

Egalement ancien directeur de cabinet de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, il y est présenté comme "président d'une société de gestion d'actifs" dont le nom n'est pas cité, relève Libération. Or, si il était peu connu jusque-là du grand public, le nom de BlackRock a pris un écho particulier à l'occasion de la mobilisation en France contre le projet gouvernemental de réforme des retraites.

Le puissant gestionnaire d'actifs a en effet été accusé de faire valoir auprès de l'exécutif le régime de retraite par capitalisation, sur le modèle des fonds de pension américains, au détriment du système français actuel par répartition, ce dont il s'est défendu récemment dans un communiqué publié par sa filiale française.

Le quotidien L'Humanité avait de son côté publié le 11 décembre un document interne d'une quinzaine de pages attribué à BlackRock, détaillant l'intérêt de développer l'épargne-retraite par capitalisation en France en s'appuyant notamment sur la loi Pacte votée au printemps, même si le système de retraite par répartition "restera au cœur de l'épargne retraite française".

Des critiques de tous bords politiques

Le démenti de l'entreprise n'a en tout cas pas convaincu les opposants à l'exécutif. "C'est une provocation incroyable", a réagi jeudi sur franceinfo Ian Brossat, porte-parole du PCF et maire adjoint de Paris. "Cela fait maintenant des semaines que l'on soupçonne le gouvernement de mettre en place cette réforme sur inspiration de ces fonds de pension qui veulent faire main basse sur les retraites des Français. Désormais, il ne s'en cache même plus puisque c'est le responsable français de BlackRock, qui est le plus gros fonds de pension du monde, qui obtient la Légion d'honneur." 

"C'est tout sauf anecdotique, BlackRock, c'est tout simplement le côté obscur de la réforme des retraites", a de son côté dénoncé Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, invité des "4 Vérités" sur France 2.

L'ancien candidat à l'Elysée Nicolas Dupont-Aignan a de son côté critiqué "l'arrogance et la corruption sans limite" du pouvoir. "La totale !", a également fulminé Olivier Besancenot, du Nouveau parti anticapitaliste.