Grève des éboueurs : trois questions sur la collecte des ordures à Paris

La mobilisation des éboueurs contre la réforme des retraites se poursuit. À Paris, plus de cinq tonnes de déchets s'accumulaient sur les trottoirs, lundi. Mais la situation est différente en fonction des quartiers.
Article rédigé par France Info - Caroline Felix
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
5600 tonnes de déchets s'accumulent dans les rues de Paris le 13 mars. (MYRIAM TIRLER / HANS LUCAS)

La mobilisation des éboueurs contre la réforme des retraites est de plus en plus visible dans certaines villes. À Nantes, la métropole recommande aux habitants de ne pas sortir leurs poubelles. La métropole du Havre est également touchée par la mobilisation. À Paris et dans certaines communes d'Île-de-France, les déchets s'accumulent sur les trottoirs. On comptait, lundi 13 mars, 5 600 tonnes de déchets non ramassés dans la capitale, selon la mairie.  

1Pourquoi les poubelles s'amoncellent-elles dans certains quartiers et pas dans d'autres ?

La situation reste inégale selon les quartiers de la capitale. À Paris, certains arrondissements sont toujours collectés, malgré la grève reconductible entamée le 7 mars. Dans la capitale, la moitié des arrondissements est collectée par des agents municipaux qui eux sont en grève. Dans ces quartiers, il y a donc beaucoup de poubelles qui débordent, notamment dans les quartiers chics comme le 16e ou le 17e arrondissement.

Pour les dix autres arrondissements, quatre entreprises privées se répartissent le ramassage (Derichebourg, Pizzorno, Urbaser et Sepur). Dans ces sociétés, le nombre de grévistes est beaucoup moins important, le service fonctionne quasi normalement. Il y a cependant une exception, celle des salariés de l'entreprise Pizzorno : des salariés ont bloqué lundi 13 mars au matin le garage des camions-bennes. Ces éboueurs gèrent la collecte du 15e arrondissement de Paris et de plusieurs communes du Val-de-Marne, comme Rungis ou Arcueil. Autant d'endroits où les déchets commencent à s'entasser.

2Quelle est la situation dans les sites d'incinération ?

Pour les déchets qui sont effectivement collectés, il y a d'autres problèmes en Île-de-France. Les éboueurs ne sont pas les seuls en grève, c'est aussi le cas d'une partie des sites d'incinération où l'on brûle les ordures ménagères, les déchets qu'on jette dans sa poubelle sans trier. En Île-de-France, les trois sites d’incinération du Syctom (Syndicat mixte central de traitement des ordures ménagères), qui s'occupent de la valorisation des déchets, sont à l'arrêt. Habituellement, leurs fours brûlent 6 000 tonnes d'ordures ménagères par jour pour Paris et 81 communes d'Île-de-France.

3 Où vont les déchets qui ne sont pas brûlés ?

Même si la baisse de la collecte à Paris réduit de 25% le volume des déchets, le Syctom doit tout de même gérer autrement ces ordures qui ne peuvent plus être incinérées. Il existe plusieurs solutions. La plus simple, c'est la déviation par le Syctom vers d'autres incinérateurs en Île-de-France, gérés par d’autres opérateurs, publics ou privés. Mais l'absorption de déchets supplémentaires reste limitée. Il est aussi possible de déplacer ces déchets dans des centres de stockage en attendant que les fours redémarrent, mais là aussi, il y a des risques de saturation. La dernière solution, c'est l'enfouissement de déchets. Beaucoup se retrouvent en Seine-et-Marne sur le site de Claye-Souilly.

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