"Gilets jaunes" : la réforme des retraites "peut très bien être décalée dans le temps", plaide le député Olivier Damaisin

Plusieurs parlementaires de la majorité présidentielle se prononcent en faveur d'un report d'une réforme des retraites, pourtant toujours prévue au vote en 2019.

Olivier Damaisin, député La République en marche du Lot-et-Garonne, à l\'Assemblée nationale le 14 novembre 2017.
Olivier Damaisin, député La République en marche du Lot-et-Garonne, à l'Assemblée nationale le 14 novembre 2017. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

Officiellement, le gouvernement tient son cap sur la réforme des retraites, jugée "indispensable" par Emmanuel Macron, lors de son allocution le 10 décembre, face à la crise des "gilets jaunes". Mais les réunions avec les syndicats prennent du retard. Et des députés La République en marche (LREM), pourtant en accord avec le projet, s'interrogent sur le calendrier d'une réforme censée être soumise au vote l'an prochain. 

La réforme des retraites va-t-elle être décalée ? Un reportage de Célia Quilleret
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Les retraites ce n’est pas la priorité, il n’y a pas d’urgence, estime, en résumé, le député du Lot-et-Garonne, Olivier Damaisin, qui hausse le ton. L’élu LREM est pourtant ambassadeur de la réforme des retraites à l’Assemblée nationale pour son groupe. Il doit donc en principe défendre cette réforme auprès des députés et des citoyens, mais là, il préfère jeter l’éponge. "Je vais arrêter mon rôle d’ambassadeur parce qu’il faut prendre le temps. C’est peut-être l’une des choses qu’on n’a pas prise jusqu’à présent", confie-t-il, saluant "le travail remarquable" du Haut- commissaire à la réforme, Jean-Paul Delevoye, et de son équipe.

Mais la réforme, selon Olivier Damaisin, "peut très bien être décalée dans le temps". "Je ne suis pas sûr d’être le seul à dire ça. Ce n’est peut-être pas maintenant qu’il faut le faire d’ailleurs", précise-t-il, préférant attendre que "le soufflé retombe""En tant que rapporteur, j’ai reçu des partenaires sociaux. Je peux vous dire que tous ne voient pas d’un bon œil la réforme des retraites. Donc, faut-il en parler maintenant ? Je ne pense pas. Pour moi, ce serait judicieux de le faire en 2020", déclare l'élu.

Comme lui, cinq députés LREM, également ambassadeurs, demandent une pause pour cette réforme. Il n’est pas question pour eux d’attiser de nouveaux foyers de contestation. Ces parlementaires sont minoritaires, mais bien décidés à se faire entendre. De son côté, Jean-Paul Delevoye continue de dire qu’il présentera ses préconisations en 2019, pour un vote du texte la même année, mais pas avant l’été.